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Albert Marquet, peintre de l’eau

Albert Marquet, Port d’Alger, 1935, Sotheby’s, Londres. akg-images/Sotheby’s/© ADAGP, Paris, 2016

Albert Marquet, Port d’Alger, 1935, Sotheby’s, Londres.
akg-images/Sotheby’s/© ADAGP, Paris, 2016

 

 

 

En Histoire des arts au lycée, la NRP vous propose une étude approfondie d’un tableau d’Albert Marquet de 1935, Port d’Alger. Ce sera l’occasion de re(découvrir) un peintre admirable, et pour ceux qui le peuvent, de visiter la rétrospective au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Albert Marquet, peintre du temps suspendu, du 25 mars au 21 août 2016.

 

Par Roger Courault

Partir au soleil. Sur les conseils de son ami le Dr Élie Faure, le peintre Albert Marquet, à la santé fragile, quitte Paris pour l’Algérie en janvier 1920. À 45 ans, il rencontre au cours de ce premier séjour sa future femme, Marcelle Martinet. Ils y reviendront presque tous les ans passer l’hiver. En 1940, alors que Marquet vient de signer une affiche de protestation contre l’occupation nazie, ils s’installent près d’Alger pour cinq ans, par crainte des représailles. Ils y achètent une maison, Djenan Sidi Saïd, le « jardin du Seigneur heureux ».

Camus, Marquet et l’Algérie
Le 30 janvier 1945, un gala est organisé à Alger par le journal Combat. À cette occasion, Marquet offre une toile au bénéfice des œuvres sociales du mouvement. Albert Camus est alors directeur du journal, mais il vit à Paris et ne revient à Alger qu’en mai 1945, pour enquêter sur les massacres de Sétif.
Albert Camus et Albert Marquet ne se sont jamais rencontrés. Leurs centres d’intérêt sont d’ailleurs très différents. Camus ne s’est pas vraiment intéressé à la peinture. À la question « Quelle importance accordez-vous aux arts plastiques ? », il répond : « J’aurais voulu être sculpteur. La sculpture est pour moi le plus grand des arts. » Le peintre, personnage principal de la nouvelle Jonas ou l’artiste au travail tirée du recueil L’Exil et le Royaume (1957), est une figure métaphorique dont on ignore tout des goûts artistiques. Le seul texte important de Camus concernant la peinture est une préface pour le catalogue de l’exposition Balthus à la Pierre Matisse Gallery de New York en 1949.
Mais l’amour d’Alger et des paysages algériens, l’amour de la Méditerranée rapprochent Marquet et Camus. Le catalogue Wildenstein de l’œuvre peint de Marquet recense 585 peintures d’Algérie, dont plus de 350 d’Alger. Parmi celles-ci est souvent représenté le port d’Alger, ce port près duquel Meursault travaille (« Le bureau donne sur la mer et nous avons perdu un moment à regarder les cargos dans le port brûlant », L’Étranger) et que Camus évoque dans ses premiers textes. Dans l’essai L’Été à Alger publié dans le recueil Noces (1938), Camus mentionne en effet les baignades dans le port « dominé par le jeu de cubes blancs de la Kasbah », les matinées passées « en plongeons » et les « longs coups de pagaie autour des cargos rouges et noirs ».

 

À suivre dans le numéro lycée de mai 2016

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Publié le par La rédaction NRP

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