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Programme 2018-2019

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Découvrez le programme de la NRP 2018-2019 !

Revue

Septembre 2018 Enseigner l’histoire littéraire aujourd’hui
Séquence 2de : Les Rougon-Macquart, somme naturaliste
Séquence 1re : Les perdants de l’histoire littéraire

Novembre 2018 La figure du père
Séquence 2de : Le Père Goriot et ses échos contemporains
Séquence 1re : Le Roi Lear et d’autres pères au théâtre

Janvier 2019 Travailler l’éloquence
Séquence 2de : Étudier les textes d’hier pour écrire un discours d’aujourd’hui
Séquence 1re : Lire, penser et échanger sur un thème choisi : le bonheur

Mars 2019 La littérature belge
Séquence 2de : Verhaeren et autres poètes symbolistes belges
Séquence 1re : Les romans courts d’Amélie Nothomb

Mai 2019 Méditerranée
Séquence 2de : L’Italie des écrivains romantiques
Séquence 1re : Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé

Hors-série

Novembre 2018 Une terre et des hommes mode d’emploi d’une anthologie – Carrés classiques 2de

et 1re

Mars 2019 Le Hussard sur le toit de Giono – 1re

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Mai 68 réinventé…

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ns_mai18_mai68Pour prendre un peu de distance par rapport aux documentaires et aux commentaires qui abondent en cette période anniversaire, on peut aborder Mai 68 par la fiction, en entrant dans les histoires singulières d’écrivains comme Annie Ernaux, Marie Nimier ou Pierre Péju. 

Par Antony Soron, maître de conférences en littérature, formateur à l’ESPÉ Sorbonne Université

Si le roman ultra-contemporain s’est saisi du mouvement de Mai 68 au même titre que le cinéma (B. Bertolucci, Innocents, 2003), c’est sans doute moins pour raconter « Mai » que pour mettre en perspective l’évolution de personnages dont la crise individuelle croise la crise collective.

Scènes types de Mai
Comment représenter ou évoquer des situations historiques contemporaines dont l’imaginaire collectif s’est emparé ? Question littéraire décisive pour ce qui concerne le phénomène libertaire et social de la fin des années de Gaulle. Mai 68 a non seulement bénéficié d’un traitement photographique et radiophonique à chaud, mais a aussi été analysé a posteriori, notamment dans l’ouvrage d’Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération (coll. « Points », 2008). Certaines scènes-types (manifestations étudiantes, contestations dans les amphis, jets de pavés, écrits sur les murs) sont devenues de véritables clichés du mouvement de révolte au même titre que des slogans comme « Il est interdit d’interdire » ou « Sous les pavés la plage ». N’est-il pas encore, cinquante ans après, l’enjeu de controverses acharnées ?

Je n’ai rien vu de Mai 68
Le roman de Marie Nimier, Les Inséparables, narre l’amitié « prodigieuse » de la narratrice -personnage et de Léa, des années Mendès-France aux années 2000. À ce titre, il était naturel que la vie des deux Parisiennes soit bousculée par le printemps des barricades. Toutefois, l’originalité du récit tient au fait que Mai 68 est associé à un non-événement. La phrase, « Je lui racontai ce que j’avais vu de Mai 68 – bien peu de choses en vérité » pourra ainsi apparaître déceptive au lecteur coutumier des récits enflammés et contrastés comme celui d’Olivier Rolin, Tigre en papier (Seuil, 2002).

Points de vue décalés sur les évènements
Du point de vue de la restitution d’un mouvement collectif, le sac des Tuileries décrit dans L’Éducation sentimentale, fait figure de modèle. Chez Flaubert, la situation décrite compte finalement moins que le point de vue adopté : celui d’un personnage en déphasage avec l’événement. Dans La Petite Chartreuse de Pierre Péju, l’épisode de Mai vaut surtout car il est l’occasion des retrouvailles du narrateur avec « Vollard », qu’il croyait avoir définitivement perdu de vue depuis le lycée. Or, ce personnage semble hors du temps, « comme indifférent à tout ce qui se passait autour de lui ». En arrière-plan, tous les clichés de Mai sont condensés, et la singularité de la narration tient au choix d’une focalisation sur ce personnage en apparence étranger au mouvement.

Mai, ou le passage du « je » au « nous »
Autant, dans La Petite Chartreuse, le lecteur pouvait avoir l’impression d’être mis à l’écart du coeur des « événements » (pour paraphraser l’euphémisme du discours d’alors), autant dans Le Rire de l’ogre, l’implication du « je » dans l’action collective du « nous » est manifeste. Le personnage n’est plus seulement lui-même, il est littéralement porté par une force, voire une liesse collective – « Le visage pâle de Maxime s’illumine alors qu’un frisson parcourt mon épiderme : nous plongeons dans la mêlée » – quand dans La Petite Chartreuse, 68 est perçu selon le décalage entre « eux » (la masse des étudiants contestataires) et « lui » (Vollard). On prolonge une séance comparant les deux extraits de Pierre Péju par la lecture d’un extrait des Années d’Annie Ernaux, où le « je » disparaît littéralement et paradoxalement au profit du « nous » et du « on ». En Mai 68, étaient dénoncés les conservatismes moraux, sociaux et politiques, médiatiques au moyen de dessins et de caricatures célèbres. Les romans étudiés ont à leur façon rendu hommage à cet axe de la contestation en ne délivrant pas de ce printemps si particulier une image définitive et universelle.

Corpus d’étude

• Annie Ernaux, Les Années, Gallimard, 2008, de « C’était un printemps » (p. 102) à « devenait réel. » (p. 103)

• Marie Nimier, Les Inséparables, Gallimard, 2008, (Folio 2010), « Léa » à « ami. » (p. 67)

• Pierre Péju, La Petite Chartreuse, Gallimard 2002 (Folio 2005), de « Dans le temps dilaté » (p. 94) à

« quelque temps plus tôt. » (p. 95)

• Pierre Péju, Le Rire de l’ogre, Gallimard, 2005, (Folio 2007) de « C’est ainsi » (p. 221) à « à la place de la bouche » (p. 223)

Documents complémentaires

http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/expositions/f.icones_mai_68.html

www.ina.fr/video/MAN6962593735

 

mai_68_livrePour les générations qui n’ont pas connu Mai 68 mais qui sont plus que jamais engagées dans les combats d’aujourd’hui, Mai 2018 – Dernier inventaire avant révolution est à découvrir. Édité par la maison d’édition éphémère Les Cahiers de l’Asphalte, cet ouvrage unique regroupe les textes de 48 auteurs d’horizons différents qui ont imaginé leur révolution. Le tout superbement illustré par Ludivine Proisy et Manon Skotnicki deux illustratrices de l’école de Condé.
Si vous vous demandez qui se cache derrière ce projet un peu particulier ou si vous souhaitez vous procurer le livre, rendez-vous sur le site Internet des Cahiers de l’Asphalte. Certains membres de cette belle équipe ont également participé à l’élaboration des manuels Nathan de ces dernières années…

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Rêvez !

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Pour aborder en classe une œuvre contemporaine bouleversante, lisez l’analyse passionnante du « Rêvez ! »  de Claude Lévêque, dont l’écriture tremblée est celle de la mère de l’artiste…

Cliquez sur l’image pour afficher la séquence.

© Adagp/ Claude Lévêque / Courtesy of the artist and kamel mennour, Paris/London

© Adagp/ Claude Lévêque / Courtesy of the artist and kamel mennour, Paris/London

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Nadja, un manifeste du surréalisme

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Une étude de Nadja en 1re permet ainsi d’aborder les rêves surréalistes en entrant dans un roman d’amour. 

Cliquez sur l’image pour afficher un extrait de la séquence

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Et pour aller plus loin vous pouvez consulter le numéro NRP lycée de mars 2014 et ses ressources.

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L’imaginaire médiéval – n°79 mars 2018

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Romantisme et inspiration médievale 2de

Apollinaire et l’héritage du Moyen Âge 1re

Voir la fiche produitSommaire de la revue

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Houellebecq, La Carte et le Territoire – n°30 mars 2018

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1re

Voir la fiche produitSommaire du hors série

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Gros plan sur le Festival du cinéma européen de Lille

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Par Rémi Boulle

Du 6 au 13 avril 2018, la 34e édition du Festival du cinéma européen proposera une sélection d’une soixantaine de courts-métrages. Voici donc quatre choses à savoir sur cet événement qui a permis de révéler des films de réalisateurs comme Cédric Klapisch ou Mathieu Kassovitz.

En 2017, la 33e édition du Festival du cinéma européen de Lille a accueilli 6000 spectateurs. Il se présente comme le troisième festival de courts-métrages le plus important en terme d’entrées en France, derrière ceux de Clermont-Ferrand (120 000 entrées) et de Brest (20 000 entrées), respectivement organisés aux mois de février et de novembre. Si l’événement est moins connu du grand public que d’autres festivals, comme Cannes, il permet de révéler de jeunes réalisateurs. « Les films Ce qui me meut (1989) de Cédric Klapisch et Fierro le pou (1991) de Mathieu Kassovitz ont été projetés ici, avant que leurs réalisateurs ne soient connus du grand public. Très souvent, des films que nous projetons en avant-première sont ensuite diffusés dans d’autres festivals », souligne Adrien Évrard, président du Festival du cinéma européen de Lille.

Quels films sont programmés pour cette 34e édition ?
« Cette année, nous avons reçu  3 600 courts-métrages. Nous en retiendrons une soixantaine », indique le président du festival. Une fois sélectionnés, ces films seront répartis en deux catégories : « Compétition officielle » ou « Autre regard ». La première est organisée par thèmes, en fonction des sujets abordés dans les films retenus. La seconde est organisée par genres : documentaire, animation, expérimental, décalé. Les jurys se composent de professionnels du cinéma en compétition officielle et d’étudiants pour la sélection « Autre regard ».

Qui organise le festival ?
L’association « Prix de court » organise cet événement depuis 1984. « Au départ, ce festival a été créé pour sauver une salle de cinéma lilloise de la faillite : L’Arc en ciel. Quelques années plus tard, la salle a fermé mais le festival a continué dans d’autres lieux », raconte Adrien Évrard. À ses débuts, la manifestation s’appelait Festival national du film court de Lille. Elle est devenue Festival du cinéma européen de Lille lors de sa 24e édition. Aujourd’hui, « Prix de court » se compose d’étudiants de l’école de commerce Edhec de Lille, tous bénévoles et âgés entre 19 et 21 ans. « Chaque année, la moitié de notre équipe est renouvelée, de manière à conserver des idées neuves », indique Adrien Evrard.

Quelle est la particularité du festival ?
« La particularité de notre événement est de sélectionner des films de qualité tout en leur servant de tremplin », résume Adrien Évrard. « Lors de notre 32e édition, en 2016, nous avons projeté Maman(s) de Maimouna Doucouré et Mindenki de Kristof Deak. Le premier a reçu un César et le second un Oscar. Nous avons eu la chance et le flair d’être le premier festival à les diffuser. ». En parallèle de sa manifestation phare, « Prix de court » ambitionne de faire découvrir le septième art à des publics peu habitués à fréquenter les salles obscures. Ainsi, durant l’année, l’association intervient dans les hôpitaux ou les prisons.

Le festival et les scolaires
Le Festival du cinéma européen de Lille accueille les classes du primaire au lycée. Pour les plus jeunes, les séances sont adaptées. « Les lycéens, eux, sont en âge d’assister aux projections tous publics », estime Adrien Évrard. Des interventions sont proposées aux établissements scolaires de la région Nord.

Contact : Jeanne Loriotti, 06 78 60 32 57

Cinq courts-métrages à voir avec ses classes de lycéens

• Refugee Blues de Stephan Bookas et Tristan Daws (6′, 2016, Royaume-Uni) : le film narre une journée dans la jungle de Calais, dépeignant la dure réalité et les aspirations des gens qui y vivent.

• Balcony de Toby Fell-holden (22′, 2015, Royaume-Uni, Grand prix du jury de la 33e édition du Festival du cinéma européen) : dans un quartier anglais marqué par les tensions raciales, une nouvelle arrivante intrigue une lycéenne…

• Chasse royale de Romane Gueret et Lise Akoka (28′, 2016, France) : Angélique, 13 ans, vit dans la banlieue de Valenciennes. Ce jour-là, dans son collège, on lui propose de passer un casting.

• Maman(s) de Maimouna Doucouré (20′, 2015, France, César du meilleur court-métrage 2017) : le jour où son père rentre d’un voyage au Sénégal, leur pays d’origine, le quotidien d’Aida, 8 ans, et de sa famille est bouleversé : le père est accompagné de Rama, une jeune Sénégalaise, qu’il présente comme sa deuxième femme.

• Mindenki de Kristof Deak (24′, 2015, Hongrie, Prix du public de la 32e édition du Festival du cinéma européen et Oscar du meilleur court-métrage 2017) : l’arrivée d’une nouvelle élève pourrait révéler les secrets du prestige du chœur de l’école…

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Comment comprendre et maîtriser les caractéristiques du romantisme ?

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La rubrique « Écrit et oral du bac » propose des activités originales pour aider vos élèves, dès la 2de, à travailler cette notion difficile du programme.

Découvrez un extrait en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Martialis titiata ou les tweets de Martial

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Les épigrammes du poète latin Martial ne sont pas sans rappeler… les tweets d’aujourd’hui, la finesse, l’humour et l’élégance en plus !

Découvrez un extrait de la fiche latin en cliquant sur l’image

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Les littératures actuelles au lycée

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nrp_hs_lyc_mars_18_couvertureLes littératures actuelles ont toute leur place dans le cours de français. Le hors série de mars est consacré à La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq, (auto)portrait de l’artiste du XIXe siècle.

Un auteur polémique

Incontestablement, le choix de ce hors-série consacré à Michel Houellebecq fera grincer des dents. Tantôt accusé de promouvoir la pédophilie, dans Plateforme, tantôt taxé d’islamophobie, dans Soumission, souvent considéré comme déprimant, Michel Houellebecq est tout sauf consensuel. Pourtant, il nous semble légitime d’étudier La Carte et le Territoire avec des élèves de 1re.

Si Michel Houellebecq est sans doute l’un des écrivains majeurs de la France du XXIe siècle, il est aussi l’un des plus médiatiques. En effet, il n’a pas seulement obtenu le prix Goncourt en 2010, il joue désormais sur plusieurs terrains (écriture, cinéma, exposition). C’est surtout un personnage. Son physique, un peu négligé, est reconnaissable entre tous ; sa parole, incisive, lucide, et systématiquement provocatrice, est toujours source de polémiques et de commentaires enflammés. Certains élèves pensent ne pas le connaître jusqu’à ce qu’ils le reconnaissent sur la couverture du tristement célèbre numéro de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015. Étudier une de ses œuvres, c’est apprendre à connaître cet auteur pour ce qu’il écrit et non pour son jeu avec les médias. C’est donc inviter nos jeunes, que l’on dit si familiers avec les images, les réseaux sociaux et l’information en continu, à exercer leur esprit critique. De plus, Michel Houellebecq a le mérite d’être un auteur vivant, qui parle du monde contemporain et met en scène des personnages de notre société. Mû par une ambition toute balzacienne, il cherche, comme les auteurs du XIXe siècle étudiés en classe de 2de, à faire le portrait de la société dans laquelle il vit, qui se trouve être celle dans laquelle sont plongés nos futurs bacheliers.

Un roman sur l’art

La Carte et le Territoire a la réputation d’être le roman le plus consensuel de ce romancier. En effet, les scènes érotiques y sont rares : craignant qu’Olga ne prenne une place aussi importante que Valérie dans Plateforme, il l’expédie en Russie et se recentre sur le personnage de Jed. Les réflexions sur les dangers de l’islamisme sont également absentes de ce roman. On a même parfois dit que Houellebecq avait adapté son format aux exigences des prix littéraires. La Carte et le Territoire est surtout un roman sur l’art, qui s’inscrit de ce fait dans une grande tradition littéraire, initiée par Balzac avec Le Chef-d’œuvre inconnu et Pierre Grassou. Jed Martin est un artiste, un plasticien, qui s’essaie à la photographie et à la peinture, et qui côtoie d’autres artistes, notamment son père, qui aurait pu être un grand architecte s’il n’avait pas cédé à des impératifs économiques. Explorer l’art contemporain et ses formes hybrides, c’est pour la plupart de nos élèves s’avancer en terra incognita.

De Houellebecq romancier à Houellebecq personnage

Enfin, ce roman s’inscrit parfaitement dans l’objet d’étude de 1re consacré au personnage de roman. En effet, La Carte et le Territoire a la particularité de mettre en scène Houellebecq écrivain dans un vertigineux effet de mise en abyme. Là où nous, professeurs de lettres, ne cessons de rappeler la distinction entre romancier, narrateur et personnage, Michel Houellebecq brouille les cartes et nous incite à renouveler notre réflexion sur ces trois entités. Un tel procédé pourrait trahir l’arrogance si Michel Houellebecq n’avait pas tendance à se montrer pour mieux se cacher, à s’exposer pour mieux disparaître, comme il le fait dans L’Enlèvement de Michel Houellebecq, film de Guillaume Nicloux dans lequel il joue son propre rôle. La distance du personnage au romancier ne met pas seulement en question des notions de narratologie mais interroge aussi la question du réalisme en littérature. L’étude de ce roman est donc le prolongement des analyses menées en classe de 2de.

Pour aller plus loin découvrez l’article consacré à la littérature actuelle dans le numéro de septembre 2017.

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