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Figures de pères – n°82 novembre 2018

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Peut-on encore lire Le Père Goriot ? 2de

« Au nom du père » : la figure du père au théâtre 1re

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Une terre et des hommes – n°31 novembre 2018

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1re

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Lecture : Où Vivre de Carole Zalberg

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Par Anthony Soron, ESPE Sorbonne Université

image_livreUn titre, une question

Où vivre. Problématique forte, pleine et entière dans le contexte actuel. Sauf que dans ce roman court de Carole Zalberg, il est question d’un autre lieu que celui désespérément recherché par les réfugiés de partout qui défient chaque jour la Méditerranée. Ce lieu en effet, n’est-ce pas celui de l’origine primordiale et en même temps celui de l’éternel retour ? Cette terre d’Israël à valeur tout à la fois de mémoire à réhabiliter et d’utopie à conquérir ; tout à la fois, terre pionnière et terre de pionniers : « Nous étions amoureuses des pionniers, ceux arrivés pendant la guerre ou avant. Ils étaient nos héros inconnus, les champions d’un avenir loin des charniers » (p. 31).

Les trois K d’Israël

Où vivre. Question tellement fondamentale pour les survivants des pogroms et ceux des camps, qu’elle ne nécessite pas de point d’interrogation. Où vivre. Point. Problématique quasi antédiluvienne rendue plus actuelle après que les nazis eurent appliqué contre les Juifs et les Tsiganes la solution finale. Et depuis, la même détermination à ne pas transformer cette entêtante interrogation en la plus angoissante des questions de survie. De l’utopie concrète des premiers Kibboutz jusqu’au K.O. causé par la mort de Rabin en passant par le fracas de la guerre du Kippour, le cas « Israël » ne tient-il pas à ces trois piliers de questionnement perpétuel ? En somme, les trois « K » de sa Kabbale, de l’inlassable exégèse de son histoire pleine de contrariétés : Kibboutz, Kippour et K.O : « 4 novembre 1995 – Proche-Orient Samedi soir à Tel-Aviv, à l’issue d’un grand rassemblement en faveur de la paix, le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, est tombé sous les balles d’un jeune Israélien de 27 ans, proche des milieux sionistes d’extrême-droite » (p. 97).

L’accident, l’Histoire, les histoires

Il faut l’accident de Noam, « mon cousin d’Israël » (p. 10), pour que la nécessité de raviver la filiation anime la plume de Marie, la narratrice. Il faut cet élément perturbateur d’un « cahier du retour au pays natal » pour que le besoin de dire le lien retrouve sa force la plus vive. Noam, celui qui a « déserté » aux États-Unis pour vivre un mariage enchanté ; celui qui a quitté sa famille, sa communauté, surtout pour n’avoir pas pu supporter la vie en kaki. Noam : un de ces Juifs des générations de l’après, habités par l’idée paradoxale que « quand on aime, il faut partir » et ce, même contre le nom de tous les siens. Après une décennie de fuite, il y était enfin revenu sur le lieu de sa désertion. Et, ironie du sort, ce n’est pas un attentat de ses frères ennemis qui fracasse sa vie mais le choc frontal avec l’un de ses compatriotes. « Ta mère vous avait fait les recommandations d’usage. Les gens roulent comme des fous dans ce pays, surtout soyez prudents les enfants » (p. 14).

Chacun des membres de la famille a son histoire avec Israël, ce lieu de plaie vive, ce lieu de toutes les passions, de toutes les fractures. Carole Zalberg a l’art de la simplicité, de la fluidité, la science de la saillance. Elle sait croiser les mots de chacun, les éléments qu’ils énoncent de leur petite histoire par fragments. Il n’est pas question de raconter, encore moins d’embrasser l’Histoire, il s’agit juste d’exprimer cette relation charnelle, intime avec le pays, avec son sang, ses martyrs, ses défaites et ses culpabilités. Le 4 novembre 1995 donc, Yitzhak Rabin était abattu et chacun eut alors quelque temps après l’occasion de se poser la plus petite question qui soit : où étais-je à cet instant là et que faisais-je pendant que l’espoir du monde, l’idée même de réconciliation avec le peuple palestinien ne soit brisée à jamais peut-être…. Simple question, interrogation de toute petite échelle et pourtant tellement vivante, tellement effrayante quand à l’échelle du monde, une balle dans le cœur d’un juste a tout changé… 

Le lecteur, fidèle à l’œuvre tissée de Carole Zalberg, retrouve dans ce dernier roman habité par la mémoire familiale, à la fois la sensibilité de Chez eux, le croisement des voix de A défaut d’Amérique et le partage de la douleur propre à Feu pour feu. Le texte a quelque chose d’une flamme vive : l’auteure ayant su trouver un subtil équilibre entre hommage et témoignage ; entre transmission et interrogation. Comment ne pas être touché par les pages consacrées à la rétrospection de ce que chacun faisait à ce moment là, à cet instant fatidique et fatal où un des pères fondateurs eut le cœur perforé par la balle d’un de ses fils. Comment ne pas être ému aussi – car l’écrivaine comme Romain Gary croit à l’émotion produite par l’acte de lire – par la juste saisie de la personnalité de chacun des membres de la famille, de chacun des « fils » de cette histoire qui part de l’enfer nazi pour aboutir au mur « de lamentations » qui sépare définitivement deux peuples. Elie, le cinéaste, montreur de la face la moins éblouissante du sionisme Dov, revenu de son enthousiasme nationaliste, Noam, cassé par l’accident, Lena, qui fut de l’épopée des pionniers… Chacun à sa manière, n’exprime-t-il pas combien le peuple juif demreu un peuple de cendres, de larmes et de chants ?  Et c’est peut-être cela qui frappe le plus dans ce livre. Cet hymne à la vie, aux hommes, à leur fragilité, à leur trop plein d’humanité. Ce besoin non pas d’accabler mais de chanter la survie malgré la noirceur du noyau atomique de notre humanité postmoderne : Israël, là où tout a commencé et où tout finira peut-être.  

 « Qui trop embrasse mal étreint » pourrait être la devise littéraire des romanciers de l’ultra-contemporain. Le développement du récit bref dans le champ du romanesque s’explique-t-il par un refus de l’épopée ? Carole Zalberg démontre dans Où vivre les vertus de l’implicitation. Mettre l’épique en sourdine ne revient pas pourtant à nier le souffle de l’Histoire. C’est simplement un parti-pris judicieux afin d’éviter l’aveuglement d’un récit national trop parfait qui tournerait en boucle.

Carole Zalbert, Où vivre,  Grasset, 2018

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Rencontre avec Florian Zeller

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© Laurent Hini

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Dans l’œuvre romanesque et théâtrale de Florian Zeller, très appréciée en France comme à l’étranger, trois pièces qui se font écho par leur titre générique – La Mère (2010), Le Père (2012), Le Fils (2018) – explorent la dimension tragique des liens familiaux lors de moments de rupture où les rôles vacillent.

Comment interprétez-vous le succès de la figure du père dans la littérature contemporaine ?
Il me semble que c’est une figure qui a toujours traversé la littérature, et pas seulement la littérature contemporaine. C’est encore plus vrai pour la littérature dramatique. Ce que je trouve mystérieux, en ce qui concerne le théâtre, c’est qu’il s’agit d’une forme artistique qui existe depuis l’Antiquité et qui ne cesse, à chaque époque, d’interpeler ses contemporains. Cela signifie que l’on vient bien chercher quelque chose de nécessaire dans ces salles obscures. Qu’est-ce que cela peut être ? Je me dis souvent que le théâtre se présente à nous comme une sorte de miroir. Un miroir dans lequel nous pouvons regarder la vie des hommes. Dans ce reflet, parfois déformant, nous venons nous observer, nous reconnaître, nous comprendre. À cet égard, ce n’est pas très surprenant que la figure du père occupe une place centrale, comme d’ailleurs la notion de famille. C’est notre vie que nous voyons sur scène, et notre vie se structure inévitablement autour des notions de transmission, de filiation, d’identité, de trahisons…

Pourquoi avez-vous choisi le théâtre plutôt que le genre romanesque pour écrire La Mère, Le Père et Le Fils ?
Ces trois pièces sont assez différentes, mais elles ont en commun d’explorer, avec des moyens propres au théâtre, des moments de rupture avec le réel. Le Père traite, disons, de la démence sénile. La Mère de la dépression nerveuse. Et Le Fils du trouble de l’adolescence. Ce qui m’intéressait, dans ces pièces (et notamment dans les deux premières), c’était de bâtir des labyrinthes dans lesquels le spectateur était censé se perdre, et vivre ainsi l’expérience troublante que les personnages étaient censés traverser. Au cours de la représentation du Père, par exemple, nous ne savions plus ce qui était vrai ou ce qui était faux, nous perdions la capacité à distinguer ce qui était réel de ce qui ne l’était pas. En somme, c’était comme si nous étions projetés dans la boîte crânienne de ce personnage. C’était une aventure purement subjective et déroutante. Je ne sais pas comment un roman aurait pu traiter de ce sujet de façon comparable. Ou plutôt comment il aurait pu mettre le lecteur dans un tel état d’incertitude. Or moi, c’est ce qui m’intéresse : inviter le spectateur à être dans une position très active dans la recherche de la vérité.

Le Fils est-il né du désir de clore une sorte de trilogie familiale ou bien, comme pour les deux autres pièces, d’écrire pour un(e) comédien(ne) ?
Il est vrai que j’ai écrit Le Père pour Robert Hirsch et La Mère pour Catherine Hiegel. Si j’ai écrit ensuite Le Fils, ce n’était pas pour former une trilogie. Mais parce que je voulais plus que tout écrire cette pièce-là en particulier. Elle me tenait extrêmement à cœur, notamment à cause du sujet qu’elle aborde. Le Fils raconte l’histoire d’un garçon de 17 ans qui n’arrive plus à vivre. Il est pris de phobie scolaire et, sans que l’on comprenne bien pourquoi, il est comme écrasé par l’angoisse et le mal-être. C’est aussi l’histoire de ses parents qui font tout ce qu’ils peuvent pour le sauver et le réconcilier avec la vie, et qui découvrent, à leurs dépens, leur impuissance fondamentale face à ce type de situation. C’est un sujet qui concerne énormément de monde et devant lequel beaucoup de gens sont désemparés. Le fait de mettre ce sujet en lumière, et notamment dans sa dimension psychiatrique, me semblait avoir beaucoup de sens. Parce qu’il y a, en France, une sorte d’ignorance et de honte de la maladie mentale ou psychique. Il y a tellement de jeunes qui ne sont ni accompagnés ni traités, et qui se retrouvent dans des situations de souffrance extrême. En général, ce sont des histoires qui se finissent mal.

Les figures parentales que vous mettez en scène ont-elles pour modèle ou contre-modèle des archétypes littéraires ?
Dans Le Fils, justement, le personnage qui me touche le plus, c’est celui du père. Il voit que son enfant ne va pas bien et, parce qu’il s’est séparé de sa femme plusieurs années auparavant et qu’il a ainsi détruit la cellule familiale pour refaire sa vie avec une autre femme, est persuadé qu’il est responsable de la situation. Il prend alors son fils chez lui et il entrevoit une possibilité de réparer tout ce qu’il croit avoir abîmé. Il voudrait être un père idéal. Pourtant, au fur et à mesure des scènes, on pressent que « le mal vient de plus loin », comme disait Phèdre. Mais il est tellement habité par sa propre culpabilité qu’il ne voit pas ce qui se passe sous ses yeux et il se révèle incapable de concevoir que le problème de Nicolas est peut-être d’un autre ordre. Il va prendre les mauvaises décisions, qui vont aboutir au suicide de son fils. C’est à cause de son sentiment de culpabilité qu’il va devenir réellement coupable. C’est en ce sens qu’il est un personnage tragique, au sens archétypal du terme : en luttant de toutes ses forces contre son destin, il l’accomplit plus certainement.

La Mère, dans votre pièce éponyme, dit à son mari que leur fils l’a toujours «pris comme contre-exemple. Pour lui, rater sa vie, ça voulait direte ressembler. » Faut-il encore aujourd’hui tuer le père pour réussir sa vie ?
Si « réussir sa vie » signifie être pleinement soi, indépendamment des attentes et des jugements des autres, alors oui, cela passe certainement par cet affranchissement symbolique. C’est d’ailleurs un passage obligé d’une extrême ingratitude. On n’en prend conscience qu’avec le recul – quand on devient soi-même père. Mais le plus douloureux, je crois, vient quand l’image du père s’anéantit d’elle-même. C’est un peu le sujet de ma pièce Le Père : le personnage traversait ce qu’on appelle l’extrême vieillesse et devenait, sous les yeux désolés de sa fille, un autre être, qui avait plus à voir avec un petit enfant dont il faudrait s’occuper qu’avec le souvenir de la figure paternelle qui l’avait structurée jusque-là. En un sens, cette pièce raconte ce moment où nous devenons les parents de nos propres parents.

Le non-dit joue un rôle important dans votre art du dialogue. Savez-vous ce qui ne se dit pas entre le Père et sa fille, entre le Fils et son père ?
Non, je ne le sais pas. Le matériau littéraire que j’utilise est volontairement très simple. C’est une écriture presque blanche. Ce qui m’importe, c’est en effet ce qui tient derrière les mots et, à cet égard, il m’a toujours semblé que l’extrême simplicité de la langue préserve l’énigme de ce qui se tient dans l’ombre et le silence. L’auteur qui m’a mis sur cette voie et qui, à cet égard, a eu une véritable influence sur moi, c’est Pinter. À travers son œuvre, j’ai réalisé que ce qui compte – au théâtre comme d’ailleurs dans la vie – c’est moins ce qui est dit que ce qui ne l’est pas. En écrivant, d’une certaine façon, je me contente de retranscrire ce que disent mes personnages. Quand ils acquièrent un degré d’existence suffisamment fort, j’ai presque l’impression qu’ils existent en dehors de moi. Je ne sais d’eux que ce qu’ils veulent bien m’en dire. Je peux pressentir ce qui ne se dit pas, mais je n’ai pas besoin de le nommer, de le figer, de le conscientiser. Et lors des répétitions, j’encourage souvent les acteurs à oser rester dans l’inconfort de cette incertitude. Et quand bien même je le saurais, ce qui compte, ce n’est pas ce que je sais, moi. C’est ce que les spectateurs vont pouvoir projeter dans ces espaces. Chacun entre dans une salle de théâtre avec sa propre histoire, et c’est avec cette histoire propre qu’une pièce rentrera en résonance. Tout cela se fait dans l’intimité entre le texte et le spectateur, et tout ceci s’opère magiquement, comme en dehors de l’intention de l’auteur.

À moins de 40 ans, pourquoi et comment avez-vous exploré dans plusieurs pièces la « farce tragique » du grand âge ?
Ce n’était pas mon intention initiale, du moins pas consciemment. À titre personnel, ayant été élevé en partie par ma grand-mère qui a été frappée d’une dégénérescence sénile alors que j’étais adolescent, je me sens concerné par ce sujet – mais qui ne l’est pas aujourd’hui ? Pour autant, je n’avais pas le désir particulier d’écrire à ce propos. Mon point de départ, c’était davantage le désir d’écrire pour Robert Hirsch. Il était à mes yeux le plus grand acteur français. C’est lui – c’est sa voix, son corps, sa façon si singulière d’être au monde – qui m’ont emmené sur ce territoire abîmé et tragique. Je me rappelle très précisément qu’en écrivant la pièce, je ne savais pas vraiment de quoi elle parlait. J’écris souvent comme on ferait un rêve : en me laissant entraîner par des forces que je ne maîtrise pas. Ce n’est qu’après l’avoir terminée que j’ai pu la regarder différemment, et me dire : « ah, c’est donc de ça qu’il s’agit… »

Le Fils - Florian ZellerLe Fils, de Florian Zeller à la Comédie des Champs-Élysées à Paris du 17 octobre 2018 au 30 décembre 2018 du mercredi au samedi à 20h30 et le dimanche à 16h. Puis en tournée de janvier à mars 2019.

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La figure du père

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On ne peut réduire la figure du père à un thème. C’est véritablement un motif littéraire. Les séquences en font la preuve dans la littérature patrimoniale ; le dossier fait le choix de textes très contemporains. 

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Hors-série lycée : une terre et des hommes

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Une terre et des hommes, carrés classiques L’an dernier, la collection Carrés classiques publiait plusieurs anthologies, dont une, magnifique, sur les liens qu’on peut tisser entre littérature et nature. Pour aborder ces questions qui sont aussi poétiques que politiques, le hors-série livre un mode d’emploi de l’anthologie, rédigé par des professeurs de lettres, un spécialiste d’histoire des arts et une biologiste de l’INRA dont les travaux concernent l’éthique des plantes.

Alors que les questions environnementales soulèvent des inquiétudes de plus en plus vives, il serait étrange de ne pas s’attarder sur la manière dont l’écriture, qu’elle soit argumentative, fictionnelle ou poétique, prend en charge les rapports de l’homme à la nature. On ne saurait en effet réduire cette relation à un discours d’éloge, à des tableaux magistraux, à des évocations nostalgiques. Lire des textes sur la nature, c’est cheminer de la science à la poésie. C’est aussi s’engager aux confins de la sociologie, de l’économie, de la politique et de la philosophie, qu’on pense au «roseau» de Pascal, à «l’état de nature» de Rousseau, au « jardin » philosophique que Voltaire imagine au terme du voyage de Candide, ou au « nature writing » de l’américain Thoreau. L’anthologie de la collection « Carrés Classiques » fourmille de textes qui pourront servir, en classe, une approche plurielle du thème de la nature, à la rencontre d’écrivains qui adoptent des stratégies diverses ; certains racontent la terre, d’autres l’étudient, l’analysent, d’autres encore se fondent en elle jusqu’à inverser les rôles, les plantes et les hommes se mêlant en d’étonnantes chimères. On y trouve des pages paysages, des tableaux d’une nature sauvage dans laquelle les hommes se perdent et se retrouvent, de beaux jardins et les portraits de ceux qui en prennent soin, des fleurs véritables qui deviennent des fleurs de rhétorique. On y trouve aussi l’ombre portée de l’arrogance des hommes qui n’y comprennent rien, et qui détruisent sans vergogne celle qui les nourrit et les protège. Ce hors-série s’ouvre sur un dossier de Daniel Bergez, auteur du beau-livre Écrire la nature (Citadelles et Mazenod, 2018.), qui dégage les enjeux artistiques des relations entre l’homme et la nature. Il contient ensuite des parcours composés à partir de sélections de textes de l’anthologie en lien avec les programmes de 1re. Dans le cadre de l’étude de la poésie, des lectures conjuguées à des exercices d’écriture invitent les élèves à épouser le regard des écrivains, puis à se donner le temps d’observer les lieux qui les entourent et d’écouter les paysages qui les habitent. Une autre séquence s’intéresse aux textes et aux œuvres picturales qui interrogent la place de l’homme dans cet ensemble organique que constitue le vivant. Réflexion qu’on pourra prolonger grâce à la proposition de Sylvie Pouteau, biologiste, qui lie les textes littéraires à sa culture scientifique et philosophique, un angle inhabituel pour les professeurs de français, qui permettra, en 1re S, d’anticiper et de préparer une partie des programmes de SVT et de philosophie de Tle.

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Couverture hors série une terre et des hommes

 

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Recontrez Anne-Marie Garat au théâtre de la Reine Blanche

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Cette année encore, Cécile Ladjali organise au théâtre de la Reine Blanche des rencontres culturelles et amicales avec des écrivains. Le 6 novembre, elle reçoit Anne-Marie Garat, l’auteur d’Aden, pour parler de son roman Le Grand Nord-Ouest paru en août aux éditions Actes Sud.

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Rencontre avec Anne-Marie Garat

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Idée sortie : Du sang sur mes lèvres d’Angélique Friant

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tract_spectacle_sangLa compagnie Succursale 101, présente du 13 au 19 octobre, à Nogent-sur-Marne, une revisite de la nouvelle de l’écrivain allemand Ernst Raupach Laisse dormir les morts.

L’histoire d’un veuf qui en ramenant sa femme à la vie la condamne à se nourrir de sang humain pour l’éternité. Une première figure vampire, féminine, née 70 ans avant le Dracula de Bram Stoker.

Adapté et mis en scène par Angélique Friant, en collaboration avec Carole Guidicelli auteure pour la  NRP, ce spectacle mêle théâtre classique et marionnette.

Des séances sont réservées aux scolaires avec un tarif spécial d’1 euro par élève.

Plus d’informations sur le site de la Scène Watteau.

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Vive l’histoire littéraire – n°81 septembre

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Faire vivre Les Rougon-Macquart 2de

Jarry et les perdants de l’histoire littéraire 1re

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Travail de mémoire : commémorer l’Armistice

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Par Clémentine Coudray

Armistice« […] l’Armistice, c’est d’abord la fin de la sidération et l’amère découverte des ruines et de la résilience impossible […] » Cynthia Fleury, « Des nuits sans fin ».

Initié par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, Armistice, à paraître chez Gallimard, donne à lire et à voir témoignages, souvenirs, récits et visions d’une trentaine d’auteurs de nationalités différentes ; un beau-livre illustré aux multiples voix qui dit l’empreinte de la Grande Guerre dans les esprits d’aujourd’hui.

Quelle place tient la Première Guerre mondiale dans les imaginaires du XXIe siècle ? Qu’évoque-t-elle chez les écrivains ? Ce recueil tente, par la pluralité des visions, des évocations, des souvenirs qu’il offre, d’approcher de qu’a été et ce que représente cette trêve des combats, survenue un 11 novembre 1918 à 11 heures du matin. Des tons et des histoires qui s’entrechoquent, se souviennent, exorcisent peut-être, relient hier à demain. Passé et présent s’entrelacent, et l’on se demande, comme Pierre Bergounioux, si l’on en finira, un jour, avec les séquelles de la Grande Guerre.

Car l’Armistice, certes, renvoie à la fin des hostilités, à la joie de la paix retrouvée. Mais elle porte surtout en elle la conscience de plusieurs millions d’âmes ébranlées, le souvenir des atrocités passées, le spectacle de leurs conséquences et la crainte – l’intuition –, que ça revient déjà. Plus qu’un recueil traitant de la paix, il s’agit ainsi, dans cet ouvrage, d’élargir les perceptions. Les œuvres graphiques, elles, sont produites par des artistes contemporains de la Guerre. Dessins, gravures, aquarelles, gouaches font écho à la pluralité des récits et à la complexité de l’Histoire. Ici le trait cinglant et sombre d’Otto Dix, là les aplats colorés et expressifs de Charles Barclay de Tholey. Écrits d’aujourd’hui, œuvres graphiques d’hier, ce bel ensemble lègue à la postérité une mémoire vive et bigarrée, aussi bien textuelle que visuelle.

Entretien

À un an de la fin de son mandat, Alexandre Lafon, conseiller pédagogique et historique de la Mission du Centenaire, rappelle le rôle de l’école dans la transmission de la mémoire collective.

Quel est la place des projets pédagogiques au sein de La Mission du Centenaire ?
2 000 projets pédagogiques ont déjà été labellisés depuis 2013 : ebook, musée virtuel, expositions, spectacles autour de témoignages de soldats, mini films sur la vie à l’arrière, travaux de reconstitution de chars ou de tranchées. Beaucoup de ressources pédagogiques ont été produites pour les classes : par exemple, sur le portail national centenaire.org, le dossier intitulé « Six dates, six textes », comporte des extraits d’œuvres de témoins et d’écrivains qui peuvent être utilisés en classe.

Transmet-on l’Histoire de la même manière aux enfants et aux adultes ?
Il est important de montrer aux jeunes l’intérêt des commémorations, c’est-à-dire l’intérêt de l’histoire, et celui de la mémoire. Pour nous, l’important n’est pas d’être dans l’injonction d’un devoir de mémoire, mais d’effectuer un travail de mémoire, pour comprendre les enjeux contemporains du passé. Il s’agit d’intéresser les enseignants et d’impliquer les élèves dans un passé très éloigné d’eux, alors que beaucoup d’adultes de plus de cinquante ans ont encore un rapport mémoriel direct à la Première Guerre mondiale.

Y a-t-il une évolution dans la manière de transmettre l’Histoire, avec notamment l’émergence des nouvelles technologies ?
En un clic, Internet offre la possibilité de trouver des trésors d’archives. On a aujourd’hui la possibilité d’accéder à des registres matrimoniaux, des journaux des marches et opérations ou des journaux de tranchées. L’outil informatique est aussi un outil ludique. En 2014, la Mission du Centenaire a accompagné la création d’un jeu vidéo adressé aux collégiens de 3e : Valiant Hearts, par Ubisoft. Ni uniquement ludique, ni serious game, il propose une voie médiane, « ludo-pédagogique ». Il contient des petits textes explicatifs, et le graphisme, emprunté à celui de la bande dessinée, est néanmoins très fidèle à la réalité de l’époque.

Quel serait le rôle de l’école et des enseignants, dans cette mission de transmission ?
Les commémorations et la Grande Guerre sont un enjeu contemporain encore fort : un élève ne peut pas comprendre son espace proche, s’il ne sait pas qui est Foch, Clémenceau, la Marne, la Somme ou Verdun. Le dernier soldat français de la Grande Guerre, Lazare Ponticcelli est mort en 2008. Avec la disparition des témoins, Le Centenaire a été, il me semble, une étape dans la prise en main par l’école de la question mémorielle de la Grande Guerre. Ce qui est important est de rendre les élèves actifs dans les projets, et acteurs dans le rituel commémoratif.

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