Idée sortie : les maisons d’écrivains pour les journées du patrimoine

Publié le par La rédaction NRP

Comme tous PhotoHugoles ans, le temps d’un week-end, les journées du Patrimoine permettent à des sites historiques de s’ouvrir au plus grand nombre. Alors les 16 et 17 septembre prochains, pour éviter les traditionnelles queues à l’Élysée, pourquoi ne pas aller dans une maison d’écrivain ? Voire le proposer à vos élèves pour leur montrer les livres du côté de la vie concrète de l’écriture ?

 

 

Maisons de Balzac : il en avait deux, au 47, rue Raynouard, et au 24 rue Berton, toutes deux dans le 16e arrondissement. Son château de Saché en Touraine est devenu musée.

Maison de Victor Hugo : 6, place des Vosges dans le 4e arrondissement et, pour ceux qui peuvent, il y a à Guernesey Hautevillle House (Guernesey Saint Peter’s Port), enclave française en territoire britannique, appartenant à la mairie de Paris !

Le « Château » de Dumas à Port-Marly, Chemin du hauts des Ormes, 78560 Le Port-Marly.

Flaubert, lui aussi normand, avait une petite maison qu’on peut encore visiter : le pavillon Croisset en bord de Seine, non loin de Rouen. Elle se situe sur un quai qui porte désormais son nom (18, quai Gustave Flaubert, 76380 Canteleu).

La maison d’Edmond Rostand au pays basque et la Villa Arnaga, Route du Docteur Camino, 64250 Cambo-les-Bains. C’est un cap !

La maison de Gide à Cuverville (1021 route du Château, 76280 Cuverville) . La visite se fait sur rendez-vous.

Appartements de Boris Vian et Jacques Prévert qui ont été amis et voisins 6 bis, Cité Véron, dans le 18earrondissement. Prévert avait aussi une maison en Normandie non loin de la mer qui vaut le détour (3 Hameau Le Val Omonville-la-Petite)

Pour aller plus loin, découvrez ou redécouvrez, en cliquant sur l’image, ces quelques maisons que nous vous avions présentées il y a quelques années dans la NRP lycée.

maison_ecrivain

Et si vous voulez aller encore plus loin et étudier les auteurs mentionnés ci-dessus, rendez-vous dans les archives de la NRP ou la boutique pour y découvrir de nombreux dossiers et séquences (De Pierre Grassou aux Misérables, en passant par Boris Vian et l’Écume des Jours, Les Faux Monnayeurs de Gide, Un cœur simple de Flaubert, etc.)

Belles visites !

Publié le par La rédaction NRP

Préparation à l’écrit du bac français : comment évaluer les élèves ?

Publié le par La rédaction NRP

Bac 2017, c’est parti ! Les élèves plancheront sur le sujet de français jeudi 15 juin de 14h à 18h. Aux professeurs alors la charge et la responsabilité d’évaluer les copies. Sur ce sujet, lisez l’article publié dans la rubrique débat de la NRP lycée de mars.

notes_bac

Petit rappel sur les dates du Bac.

 

Publié le par La rédaction NRP

Compter, raconter, par Michèle Audin

Publié le par La rédaction NRP

jeux_math

Du 27 au 30 mai aura lieu place Saint Sulpice à Paris le Salon Culture et jeux  Mathématiques avec cette année pour thème Mathématiques et Langages. Dimanche 28 mai, vous pourrez assister à une lecture OULIPO à dominante mathématique et à forme joyeuse avec Olivier Salon, Frédéric Forte et Hervé Le Tellier. Retrouvez-les dans le numéro lycée de mai de la NRP dont le dossier a été rédigé par Michèle Audin, elle aussi membre de l’OULIPO écrivaine  et mathématicienne.

 

Cliquer sur l’image pour consulter le dossier de la NRP lycée de mai 2017

nrp_revue_lycee_mai_couverture

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , ,

Sortir au théâtre : La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht

Publié le par La rédaction NRP

Cette année, deux metteurs en scène ont fait le choix de monter la pièce de Bertolt Brecht.

Le spectacle mis en scène par Dominique Pitoiset, avec Philippe Torreton, termine sa tournée à la Passerelle de Saint-Brieuc les 26 et 27 avril (réservations 02 96 68 18 40).

À la Comédie française, la pièce, mise en scène par Katharina Thalbach sera jouée jusqu’au 30 juin. La distribution est époustouflante, et les jeunes qui assistent à la représentation en sortent enthousiastes (réservation pour les groupes d’élèves : 01 44 58 15 03).

 

10_04_theatre

 

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , ,

De belles rencontres avec des écrivains

Publié le par La rédaction NRP

Cécile Ladjali  reçoit régulièrement des écrivains au Théâtre de la Reine Blanche (Paris XVIIIe). Après Eric Faye, Valentine Goby, Laurent Gaudé, Sylvie Germain et Laurence Tardieu, voici les noms de ses prochains invités et les dates de leur venue au théâtre : 

  • 7 avril, Alexandra AlévêqueLes gens normaux n’existent pas. Chroniques de 21 jours (Robert Laffont).
  • 5 mai, Jaume Cabré, Voyage d’hiver (Actes Sud) ; Sa seigneurie (Actes Sud).
  • 2 juin, Laurent MauvignierContinuer (Les Editions de Minuit).

Il est recommandé de réserver: la salle est petite!

Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis passage Ruelle, 75018, Paris. Métro la Chapelle ou Max Dormoy. 

Tél: 01 40 05 06 85

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec ,

Deux écrivains contemporains : Eric Faye et Mickaël Ferrier

Publié le par La rédaction NRP

cherry-blossom-1395370_1280

Pour la NRP lycée de mars, nous avons rencontré deux écrivains contemporains: Éric Faye, auteur de Nagasaki et du récent Éclipses japonaises (Seuil), et Mickaël Ferrier, auteur de Kizu, (la lézarde). À lire pour le plaisir ou avec vos élèves, à l’occasion de la séquence « Deux romans sous le signe du japon ».

Entretien avec Éric Faye
propos recueillis par Françoise Rio

Écrire une fiction à partir du réel, qu’il s’agisse d’un divers (Nagasaki), depersonnes ayant réellement existé (L’Homme sans empreintes), Il faut tenter de vivre) ou de faits historiques (Éclipses japonaises), est-ce une facilité ou une gageure pour le romancier ?
Vous avez raison de dire « à partir » du réel car c’est pour moi signifiant. Le fait divers est bel et bien pour moi un tremplin, un point de départ pour aller ailleurs. C’est-à-dire que je ne cherche pas à parler du fait divers en soi, mais je tente d’aller au-delà, d’en faire un aspect représentatif, un paradigme. Et je me sers d’autre part du fait divers ou de faits historiques pour aller vers mon propre univers. Le prisme de la fiction permet mieux qu’aucun autre, je crois, de faire ressentir ce qu’est la condition de l’homme. Ce qui me préoccupe avant tout, dans Éclipses japonaises notamment, mais aussi dans Nagasaki, c’est la façon dont les humains réussissent à encaisser l’histoire, à la subir et à rebondir pour s’en sortir ou pour en tirer parti. C’est ce que, le plus souvent, le journalisme ou l’essai ne permettent pas. C’est ce que j’ai voulu faire aussi avec Il faut tenter de vivre : montrer comment une marginale, une personne meurtrie par son enfance, réussit à devenir elle-même en surmontant la souffrance et en trouvant sur le tard une place dans le monde. Ce roman était aussi ma façon de parler des années 1980 et 1990, de regarder une époque à travers les yeux de deux ou trois personnages. Je ne saurais dire si écrire cela est une facilité ou une gageure, je le fais parce que c’est ce que je choisis de faire, sans me poser davantage de questions…

L’idée de transformer en roman le fait divers à l’origine de Nagasaki est-elle née dès votre lecture des articles de presse qui relataient celui-ci ?
J’ai ressenti aussitôt à la lecture du fait divers un trouble et un intérêt particuliers, comparables à ceux que j’avais connus lorsque j’avais été en présence d’autres faits divers dont j’ai tiré par la suite des textes de fiction. Disons que, sur le moment, je me suis contenté de découper les articles concernant le fait divers et j’ai laissé mûrir l’idée en moi pendant un an environ, avant de passer à l’écriture ; mais j’avais effectivement l’intention d’utiliser ce fait divers, sous une forme ou sous une autre.

Pourquoi avoir choisi la forme du roman court pour écrire Nagasaki
Ce choix ne s’est pas imposé d’emblée. Sur le coup, je voulais en faire une nouvelle d’une quinzaine ou vingtaine de pages. Et puis, dès que j’y ai réfléchi plus sérieusement et me suis mis à écrire un plan, je me suis rendu compte qu’une petite centaine de pages serait nécessaire pour aller au bout de ce que j’avais l’intention de dire. Ensuite, Nagasaki est-il un roman court ou une longue nouvelle ? L’éditeur l’a estampillé « roman », mais, dans mon esprit, cela reste une nouvelle. Je l’ai traité en tout cas comme une nouvelle, c’est-à-dire sans personnages véritablement « élaborés », avec une relative sobriété de construction et d’intrigue. […]

Bibliographie sélective
Parmi les ouvrages d’Éric Faye, voici quelques titres à proposer aux lycéens :
• Je suis le gardien du phare et autres récits fantastiques, José Corti, 1997,rééd. « Points » Seuil (recueil de nouvelles)
• Parij, Le Serpent à plumes, 1997, rééd. « J’ai lu » (roman uchronique qui imagine Paris coupé en deux par un mur et occupé par l’armée soviétique en 1944)
• Mes trains de nuit, Stock, 2005 (récits de voyages)
• Nagasaki, Stock, 2010, réédition « J’ai lu »
• Malgré Fukushima. Journal japonais, José Corti, 2014 (journal tenu durant une résidence de quatre mois à la villa Kujoyama à Kyôto en 2012)
• Il faut tenter de vivre, Stock, 2015, rééd. « Points » Seuil (l’histoire d’une jeune femme qui veut échapper à l’ennui de sa vie banale en multipliant de petites escroqueries sous de fausses identités)

Entretien avec Michaël Ferrier
Propos recueillis par Françoise Rio, le 31 octobre 2016

Au-delà de la lézarde intime, de la crise existentielle qu’affronte votre personnage dans Kizu, que représente l’image de la « fissure » dans votre œuvre ?
La fissure, c’est ce qui désagrège, ce qui délabre, ce qui disjoint – mais en même temps c’est une ouverture. Dans un mur, la fissure est ce qui mine les parois d’un bâtiment, ou sape les fondations d’un édifice… mais c’est aussi ce qui permet à l’air d’y circuler, à l’herbe d’y pousser et, par exemple, à un écureuil d’en surgir. C’est donc quelque chose d’ambivalent, et même d’ambigu. Dans Kizu, je l’exprime dès le titre avec le jeu de mots sur « la lézarde », qui désigne à la fois une fissure physique (une crevasse dans le mur d’une maison), une fêlure psychologique (une brèche dans la vie d’un homme) et un animal (la femelle du lézard), vif et verdoyant, ondoyant, insaisissable. Le personnage principal a lui-même une vie qui se fendille et craque de partout (un divorce, un travail ennuyeux, de faux amis, une maison qui part en ruines…) mais cette blessure béante est aussi une possibilité de s’ouvrir à autre chose. Nous le savons dès l’enfance : nous naissons d’une fente, dans la douleur et dans la joie. Le cri que nous poussons en sortant pour la première fois de la fissure est en même temps un cri de terreur, d’étonnement et de libération. À nous de savoir la transformer en joie.

Votre roman, qui esquisse un parallèle entre la menace d’effondrement du personnage et un tremblement de terre à Tokyo évoqué dans le dernier chapitre, porte en exergue une citation de la nouvelle de Fitzgerald, La Fêlure (1936). Soutiendriez-vous le conseil donné au narrateur de cette nouvelle par l’une de ses amies : « Imagine que la fêlure ne soit pas en toi. Imagine que ce soit la faille du Grand Canyon. […] Le monde n’existe que par la façon dont tu l’appréhendes ; il vaut donc beaucoup mieux dire que ce n’est pas toi qui comportes une faille, mais que c’est le Grand Canyon » ?
Dans la nouvelle de Fitzgerald, l’amie du narrateur lui dit ces quelques paroles pour le dissuader de pleurer sur son sort – et elle a raison. Ce qui est important, c’est le monde et non pas nos misérables personnes, misérables si elles ne sont justement pas transpercées par ce tremblement du monde. On le sent bien dans un tremblement de terre : tout tremble et vous tremblez aussi. À ce moment, vous sentez bien que vous faites partie du monde et que vous êtes incroyablement vivant (j’ai décrit cela en détail dans la première partie de Fukushima, récit d’un désastre, Gallimard, 2012). Être au diapason du tremblement du monde : ceci peut sembler abstrait. Mais pensez à ce qui se passe quand vous embrassez quelqu’un dont vous êtes amoureux. Deux bouches qui se cherchent, deux souffles qui se trouvent… Vous sentez bien que vous n’êtes pas seul, que vous êtes relié à tous les souffles du monde. Alors, ça tremble partout dans l’habitacle : un tremblement de terre personnalisé ! Vibrer au rythme du monde, c’est ce qu’arrivent à faire par excellence les musiciens, les amoureux et les animaux. Un musicien transforme sa fêlure en musique, un amoureux la transmet en un baiser, un animal y échappe en bougeant sans cesse. Ces trois-là, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, n’arrêtent pas de trembler.

Est-il plus difficile d’écrire sur les fêlures intimes ou bien sur une catastrophe historique comme vous l’avez fait dans Fukushima, Récit d’un désastre (Gallimard, 2012) ? Pourquoi avoir choisi le genre de la fiction romanesque pour Kizu et celui du récit-témoignage mené en votre nom dans Fukushima ? Faites-vous un net partage entre ces deux formes d’écriture ?
Si vous écrivez seulement sur les grands drames d’actualité, ça fait des romans bien gros et bien gras, les « romans historiques » comme on dit, qui généralement se vendent bien mais qui ne m’intéressent pas : je préfère les livres d’histoire. Si vous écrivez seulement sur les fêlures intimes, ça fait des récits souvent fluets et parfois très délicats, mais ça ne m’intéresse guère non plus. Ce qui m’intéresse, c’est précisément le point où la fêlure intime croise la catastrophe historique : dans Fukushima, récit d’un désastre, c’est le moment où ma vie croise le triple évènement du séisme, du tsunami et de la catastrophe nucléaire. Dans Mémoires d’outre-mer, c’est quand la vie de mon grand-père croise celle de la Seconde Guerre mondiale et du « Projet Madagascar » (qui visait à déporter les Juifs d’Europe à Madagascar). Dans les deux cas, la petite histoire (l’histoire individuelle) croise la grande Histoire (« l’Histoire avec sa grande hache » disait Georges Perec) : c’est ce moment précis de friction, d’étincelle, qui est le plus difficile à saisir et qui m’intéresse. Dans Kizu, cet évènement apparaît tout à la fin… le tremblement de terre. On dirait presque que c’est le narrateur qui l’a provoqué ! C’est ce séisme final qui donne je crois la clé du livre : vous pouvez toujours chercher à colmater votre existence, à ne pas laisser entrer les lézardes (les fissures/les animaux), il arrive toujours un moment où tout cela tremble et où l’imprévisible, enfin, entre dans votre vie. […]

Rendez-vous dans le numéro NRP lycée de mars 2017 pour lire la suite de ces interviews (p. 10 pour l’interview d’Eric Faye et dans les compléments numériques pour l’interview de Michaël Ferrier)

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , , , ,

Réparer les vivants de Maylis de Kérangal en 1re pro

Publié le par La rédaction NRP

La lecture du très beau roman de Maylis de Kérangal, Réparer les vivants (Gallimard, 2015), récemment porté à l’écran, est proposée pour une classe de  1re professionnelle, mais la séquence peut être adaptée pour les élèves des sections générales.

Cliquer sur l’image pour découvrir un extrait de la séquence.

article_mars_seq1repro

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , ,

Les romans courts sont-ils de grands romans ?

Publié le par La rédaction NRP

Le roman court n’a pas le cuir aussi épais que les modèles du grand roman qui, de Balzac à Dostoïevski, dépassent régulièrement les quatre cents pages. On aurait tort pour autant de l’assimiler à la nouvelle dans la mesure où il reste indépendant d’un recueil. Pouvant faire l’objet d’une certaine condescendance critique, son succès n’en demeure pas moins bien établi. Son architecture narrative très lisible couplée à une forte intensité émotionnelle, à l’instar du Message d’Andrée Chedid (2000), peut expliquer son audience, par ailleurs renforcée par la scolarisation de textes bénéficiant d’un accompagnement didactique comme Mademoiselle Chambon d’Éric Holder (1996).

L’ère du soupçon

Comme en témoigne le succès des récits brefs d’Amélie Nothomb, le développement du roman court est lié à une forte demande du lectorat. Aussi peut-on être enclin à le caractériser, au premier abord, de façon dépréciative, en l’apparentant à un phénomène spécifiquement éditorial. L’appellation « roman court » demeure ainsi soumise à une forme de suspicion critique, dans la mesure aussi où les textes relevant de cette catégorie ne réclament pas, a priori, de longs efforts de lecture. Le procès en artificialité du roman court est par ailleurs renforcé par le mode de production éditoriale. Des écrivains populaires comme Éric-Emmanuel Schmitt, auteur de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2001), ont un rythme de publication accéléré que rendrait sans doute inenvisageable la conception de récits plus développés nécessitant un lourd travail de recherche informative.

Un secret exemplaire

Doté d’une construction narrative quasi parfaite, Un secret de Philippe Grimbert (1995) peut être défini comme le roman court populaire type : cinq sections non titrées et un épilogue. Trois sections précèdent la narration du « secret»,  la quatrième est devenu frère « réel », et de ses parents, la cinquième narre les conséquences de la révélation. Sur le plan actantiel, ce roman court est d’une grande efficacité dramaturgique. D’un côté, Simon, force de la nature comme son père, et de l’autre le je « narré » et « narrant », « roseau pensant » fragile à l’inverse de ses parents ; d’un côté, Tania (la sculpturale) et de l’autre Hannah (la chétive) ; d’un côté Sim le chien en peluche et de l’autre Écho le chien adoré de Maxime. On pourrait, selon la même perspective binaire, évoquer les opposants : la tante Esther qui « avait dû ressembler à Sarah Bernhardt du temps de sa splendeur » et la tante Élise qui « défendait farouchement ses opinions marxistes au cours du repas familial hebdomadaire ». Ce système symétrique se retrouve jusque dans le passé des personnages principaux, le père de Tania ayant quitté très tôt le foyer familial tandis que la mère de Maxime est morte précocement…

Cliquez sur l’image pour lire le dossier complet de la NRP lycée de mars 2017

image_romans

Cliquer sur l’image pour voir un extrait de la séquence 1re « Deux romans courts sous le signe du Japon ».

article_mars_seq1re

 

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec , ,

Écrire des chansons d’amour

Publié le par La rédaction NRP
Alex Beaupin

© Fred Stucin

Depuis une dizaine d’années, Alex Beaupain réinvente la figure du chanteur de variété, multipliant ses créations en tant qu’auteur-compositeur-interprète de six albums, et compositeur de musiques de films, dont ceux de Christophe Honoré. Il chante avec légèreté les amours endeuillées, les lendemains qui déchantent ou la jeunesse en fuite, et mixe les références aux chansons qu’il a tant aimées dans son adolescence.

 
 
 
 

À quoi tient le succès d’une chanson d’amour ?
Quand on me demande pourquoi j’écris toujours sur l’amour, comme beaucoup d’autres chanteurs, je demande en retour s’il existe un sujet plus intéressant dans les chansons ou dans la vie. La chanson offre un terrain privilégié au lyrisme, à l’expression des sentiments, et les chansons d’amour sont ainsi en totale adéquation avec l’objet artistique. Je crois en outre que pouvoir faire une déclaration d’amour en trois minutes, et aussi joliment que le font certaines chansons, c’est ce dont on rêve tous… Les chansons ont cette utilité-là.

Quelles sont vos chansons d’amour préférées dans le répertoire francophone ?
Ma préférence va aux chansons d’amour tristes. J’aime notamment les chansons que Gainsbourg a écrites pour des femmes, des actrices, par exemple Pull marine chantée par Isabelle Adjani en 1983. C’est une chanson qui m’avait beaucoup ému à l’époque, et qui continue à m’émouvoir, comme Partir quand même de Françoise Hardy, une chanson de rupture que je trouvais particulièrement belle. Ce sont souvent les chansons écoutées durant l’adolescence qui nous touchent le plus et qui nous accompagnent, qui cristallisent nos goûts en la matière, même si on en découvre d’autres à l’âge adulte. C’est à l’adolescence qu’on est le plus réceptif, avec cette sorte de naïveté et d’absolu qu’on perd peut-être un peu par la suite. En ce qui me concerne, il s’agit des chansons des années 1980, celles d’Alain Souchon, d’Étienne Daho. Cela dit, je change d’avis tous les jours quant à l’élection de mes chansons préférées.

Avez-vous une ou des chansons fétiches dans votre propre répertoire ?
Les chansons qui me sont chères ne sont pas forcément les mieux écrites. « Brooklyn Bridge », qui raconte une histoire d’amour et de deuil et que je reprends systématiquement en concert, que je peux jouer au piano les yeux fermés (et que je chante désormais accompagné par mon guitariste, pour changer), m’est précieuse parce que c’est la première de mes chansons qui m’a paru avoir un peu d’intérêt, la première aussi à avoir été diffusée à la radio.

Quel est l’état émotionnel optimal pour composer une chanson d’amour ?
L’écriture d’une chanson peut s’apparenter à ce que fait un acteur selon la méthode de Stanislavski, où il s’agit de recontacter une expérience personnelle de tristesse, par exemple, pour jouer une scène triste même si l’on n’éprouve pas ce sentiment à ce moment-là de sa vie. Comme mon matériau est principalement autobiographique, j’écris sur ce qui m’est arrivé, j’ai donc besoin de vivre des choses tristes pour écrire des chansons tristes, et malheureusement ou heureusement j’en vis comme tout le monde. D’autre part, il ne faut pas hésiter à s’abandonner quand on écrit des chansons d’amour, il ne faut pas craindre d’exagérer. Ainsi, je donne l’impression d’être un garçon mélancolique qui passe ses journées à se balader dans les cimetières alors que dans la vie je suis plutôt joyeux. La chanson est l’un des arts qui supporte le mieux le ridicule et le mauvais goût : quand Dalida chante Je suis malade, cela peut paraître ridicule, mais si on s’y abandonne complètement, c’est très émouvant.

 À suivre dans le numéro de novembre de la NRP lycée.

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec

Étudier La Princesse de Clèves au lycée

Publié le par La rédaction NRP

La Princesse de Clèves

Éditorial du hors série lycée : La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette
Par Marie-Hélène Dumaître

« Croyez-moi, vous qui pensez savoir ce que c’est que La Princesse de Clèves, pour en avoir entendu parler, vous qui pensez savoir à quoi vous en tenir, lisez donc ce roman, vous serez surpris » : c’est par cette incitation que Michel Butor clôt sa préface au roman de Mme de La Fayette, et par laquelle on pourrait présenter l’ouvrage à nos élèves.

 
 

Un roman, deux querelles

Les élèves auront-ils entendu parler de cette œuvre ? Peut-être, mais sans doute par leurs professeurs de français, et à titre de classique intimidant, consacré par toute une tradition scolaire et critique qui en fait le modèle du roman d’analyse français. Et cependant, ce roman si sage en apparence et si retenu a donné lieu à deux « querelles ».

Dans la plus récente de celles-ci, La Princesse de Clèves a servi de prétexte cristallisant des clivages politiques et culturels. Déclenchée et alimentée par différents propos tenus par Nicolas Sarkozy en 2006 alors qu’il est ministre de l’Intérieur, puis en 2009 lorsqu’il est devenu président de la République, cette querelle a moins débattu du roman de Mme de La Fayette pour ce qu’il est et ce qu’il raconte, que pour la valeur qu’il a acquise dans le contexte contemporain : symbole de l’anti-intellectualisme quand on le rejette, symbole inversement de la résistance culturelle, quand on le revendique. Dès sa publication en 1678, La Princesse de Clèves fit débat, chez les doctes aussi bien que chez les mondains. Le succès remporté par ce roman signale à quel point il correspondait aux attentes d’un public lassé par les romans baroques, mais n’efface pas la surprise et les réticences qu’il provoque. Cette fois-ci, la querelle est littéraire, puisqu’elle porte sur la conduite de l’action, le caractère des personnages, le style de l’écrivain. L’œuvre permet de forger un nouvel art romanesque, et d’en élaborer les principes. La querelle a aussi une portée psychologique et morale : la princesse est-elle une femme incompréhensible ? Est-il vraisemblable, est-il en outre bienséant qu’une femme fasse l’aveu à son mari qu’elle en aime un autre ?

Questions esthétiques, psychologiques et morales

Le travail que nous proposons sur La Princesse de Clèves entend explorer tant la dimension littéraire que morale de l’œuvre, comme le montrent les différentes étapes de l’étude : « Genre et contexte », « Portraits des personnages » – qui abordent des questions d’ordre esthétique – ; « Peinture des mouvements du cœur » – qui s’intéresse à l’analyse psychologique et à la construction des personnages – ; « Morales du roman », dont le pluriel signale que nous n’avons pas voulu enfermer l’interprétation de l’œuvre dans une vision du monde et de l’homme unique. Pour y parvenir, il fallait d’abord surmonter deux difficultés. La première était de faire comprendre la nouveauté esthétique du roman dans son temps : c’est l’objet de notre séance d’ouverture, qui écarte volontairement une présentation de l’auteur que l’on trouvera partout. Une fiche complémentaire permet de rappeler les grands principes de l’esthétique classique.

Le deuxième écueil est constitué par le cadre historique de l’intrigue : les élèves se perdent parmi les personnages et les intrigues de la Cour d’Henri II. Il s’agit d’abord de leur faciliter la tâche. En ce but, une fiche élucide les événements réels entre lesquels l’intrigue fictive se glisse, tandis qu’une affiche, jointe à ce numéro, présente les principaux personnages historiques. Mais il s’agit aussi de leur en faire sentir l’intérêt : pourquoi avoir choisi cette Cour brillante du XVIe siècle ? La question est abordée au début de l’étude et dans la phase conclusive. Nous espérons que, ces difficultés balayées, les élèves se laisseront envoûter et interroger par l’histoire d’amour que conte ce roman, faisant alterner les scènes où la présence de l’être aimé s’impose avec toute sa force bouleversante et les temps âpres de l’analyse réflexive. Il nous a semblé que l’explication de nombreux extraits permettrait de faire partager les émotions ressenties par les trois personnages principaux, tout en étudiant le talent de l’auteur pour peindre les mouvements du cœur. Nous avons aussi voulu engager les élèves dans une réflexion, s’il est vrai que la lecture de romans participe à leur formation psychologique et morale : que penser de la sincérité de la princesse, comment juger son renoncement ? Une séance entière y est consacrée, sous la forme d’un travail de groupe conduisant à un éventuel débat. Le parcours proposé dans La Princesse de Clèves s’adresse en priorité à des 1res L, en raison de la difficulté propre à l’œuvre et du volume horaire que requiert son étude, mais peut être conduit avec des élèves d’autres séries, au prix de quelques adaptations. Nous espérons que ce hors-série permettra au professeur de faire goûter à ses élèves ce beau roman mélancolique où l’exigence de lucidité préserve le mystère fascinant de son héroïne.

À suivre dans le hors série lycée de novembre 2016

 

Publié le par La rédaction NRP
Marqué avec ,