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Histoires de ponts

Par Gaëlle Bebin

 

Histoires de pontsLa rentrée littéraire 2010 a été marquée par la parution de deux récits centrés sur un pont à créer. Tout les oppose. Du côté de l’orient, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard (Actes Sud), retrace le séjour que fit Michel-Ange à Constantinople au début du XVIe siècle, en vue de dessiner un pont au-dessus de la Corne d’Or. Dans Naissance d’un pont (Verticales), Maylis de Kerangal imagine la construction d’un ouvrage gigantesque reliant deux rives d’une ville imaginaire de la côte ouest des Etats-Unis, de nos jours.

Le premier est un court roman historique emprunt de fantasmes orientaux (prix Goncourt des lycéens) et le second, un ample « roman-chantier » inspiré du rêve américain (prix Médicis). Des deux côtés, un intéressant travail documentaire. Mathias Enard a pris soin de reproduire quelques traces du passage oublié de Michel-Ange au Moyen-Orient à l’invitation du sultan de Constantinople : une liste manuscrite, quelques lettres traduites, et l’esquisse d’un pont qui lui est attribuée. Maylis de Kerangal, elle, s’est intéressée à des documents techniques permettant de comprendre comment un pont suspendu se construit, étape par étape ; et cet ensemble complexe de béton et de câbles s’érige en effet sous les yeux du lecteur.
Les personnages principaux des deux romans ont en commun l’ambition de réaliser un ouvrage unique, exceptionnel, et le rejet de ce qu’ils considèrent comme des vieilleries architecturales. Le Michel-Ange de Mathias Enard « pense au vieux pont médiéval de Florence ; cette grenouille surmontée de créneaux et peuplée de boucheries à l’odeur de cadavres, étroite, ramassée sur elle-même, qui ne donne à voir ni la majesté du fleuve ni la grandeur de la ville ». Chez Maylis de Kerangal, le personnage du maire éprouve le même dégoût pour le vieux pont encombré de la ville de Coca, le Golden Bridge.
Mais la puissance d’incarnation des deux livres n’est pas la même.

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Publié le par admin

Une réponse à Histoires de ponts

  1. SOREL Sylvie dit :

    Je ne vois pas l’intérêt de l’article sur les ponts suivi d’une bibliographie de trois titres (pourquoi ceux-là?) lauréats du Goncourt des Lycéens .
    Quel usage pédagogique?
    Quelle qualité critique?
    Je déplore que le Goncourt des Lycéens serve de prétexte à de telles publications. Les productions de nos élèves sont incomparablement meilleures.

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