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La NRP lycée labellisée Mission du Centenaire

nrpns_janvier17_labelLettres, journaux, poèmes, récits, romans : certains des écrits de guerre deviendront des œuvres renommées, mais tous constituent des témoignages irremplaçables. En consacrant son numéro de janvier à la littérature dans la Grande Guerre, la NRP lycée s’associe à la Mission du Centenaire qui, sous l’autorité du secrétaire d’État aux Anciens Combattants et à la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, coordonne les initiatives pédagogiques et les commémorations.

Littérature de la Grande Guerre, d’hier à aujourd’hui

Lorsqu’éclate la guerre à l’été 1914, les écrits – livres, journaux, correspondances… – occupent une place massive et signifiante dans la société française, comme dans la plupart des sociétés européennes. Le champ de bataille, le quotidien des soldats et le récit des combats vont constituer autant de sujets d’écriture. Ce phénomène, puissant pendant le conflit, connaît de fortes résonances dans l’après-guerre alors que se répand le pacifisme. Depuis quelques dizaines d’années maintenant, le sujet semble passionner à nouveau les auteurs de livres et de bandes dessinées, dans un revival de 1914-1918 où le champ de bataille de la Grande Guerre constitue une grande source d’inspiration, un terrain fertile d’histoires et d’intrigues.

La littérature en guerre

À la différence d’autres conflits passés, la « campagne contre l’Allemagne » mobilise l’ensemble de la société dans le cadre de la conscription. En France, plus de huit millions d’hommes âgés de 20 à 48 ans sont mobilisés « sous l’uniforme » durant l’ensemble du conflit. La guerre fait au total près d’1 350 000 morts, dont 560 écrivains recensés. Cependant, c’est un large mouvement de mise en écriture que connaît le conflit. Plusieurs facteurs expliquent ce souci de mise par écrit de l’expérience de guerre, qu’elle soit au front ou vécue à l’arrière. Dès août 1914, la mobilisation générale crée un climat de communion nationale, à laquelle chaque individu participe. On se met en scène, d’autant plus facilement que beaucoup de soldats sont lettrés et qu’ils ont conscience de leur individualité. La IIIe République a permis par l’école la massification de la culture écrite. Ainsi, des dizaines de milliers de soldats griffonnent sur des petits carnets, écrivent de longues lettres qui s’apparentent parfois à de véritables récits. La guerre est perçue comme un événement historique auquel chacun a conscience de participer. En se prolongeant dans le temps, elle devient la Grande Guerre. L’éloignement, la peur ou l’ennui contribuent à la mise en récit d’une expérience dramatique. Le soldat Henri Despeyrières, titulaire du certificat d’études et issu de la petite notabilité rurale du Lot-et-Garonne, adresse ainsi à ses parents dès le mois de septembre 1914 ce qu’il appelle des « lettres journal » dans lesquelles il prend soin de travailler le récit de ses premiers mois de guerre. D’autres écrivains qui vivent de leur plume ou sont tentés d’en vivre, à l’image de Louis Pergaud ou de Paul Lintier, couchent dans des carnets l’esquisse de futures publications.

Les intellectuels éprouvent la guerre et, souvent officiers subalternes sur le champ de bataille, sont au contact du reste de la population masculine. Ils la perçoivent comme un champ d’expérimentation et une expérience « extra-ordinaire » du combat. Surgit alors ce besoin d’écriture « pour se soulager », comme le remarque Élie Faure. Plusieurs écrivains s’engagent volontairement : Henri Barbusse, Léon Werth, Richard Dhemel. D’autres, trop âgés, se mobilisent à l’arrière afin de justifier la guerre et de galvaniser dans les premiers mois du conflit un patriotisme exalté. Les articles engagés et patrio­tiques, voire nationalistes, comme ceux de Maurice Barrès – surnommé le « rossignol des carnages » par son confrère pacifiste Romain Rolland, réfugié en Suisse pendant le conflit – participent de la déréali­sation de la guerre.

Retrouvez l’intégralité du dossier dans le numéro de la NRP de janvier 2017 p. 16.

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Publié le par La rédaction NRP

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