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Participer au Grand Prix ELLE des Lycéennes

Par Claire Beilin-Bourgeois

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Participer au Grand Prix Elle des Lycéennes
La Maison des écrivains et de la littérature et le magazine ELLE constituent un jury de 120 élèves volontaires. Ainsi, au lycée Blaise Pascal d’Orsay, Lise, qui aime les biographies et les romans historiques, Célia lectrice de Fantasy et Emmanuelle, qui a une préférence pour les polars, ont été retenues après avoir envoyé une lettre de motivation.

Professeurs et professeurs documentalistes
Dans le cadre du Grand Prix des lycéennes dont le jury est organisé hors du groupe classe, le rôle de médiateur du professeur documentaliste est d’autant plus prégnant : acquisition des ouvrages en lice, constitution d’un corpus bibliographique autour des thématiques abordées, construction d’un parcours de lectrice, mise en place et animation d’un club lecture où échanges et débats sur les livres ont la primeur, aide à la rédaction et mise en ligne de critiques littéraires sur le site de l’établissement ou un blog dédié… autant de possibilités d’accompagnement et d’ancrage des élèves dans leur rôle de jurée.

Outre le célèbre Goncourt des lycéens, il existe une constellation de prix littéraires lycéens dans les régions et les villes. Un peu à part, le jury du Grand Prix Elle des Lycéennes réunit des jeunes filles de 1re de tout type d’établissement.

Et soudain la liberté plébiscité par le jury
Les suffrages au lycée Blaise Pascal comme ceux d’une grande majorité des membres du jury se sont portés sur Et soudain la liberté d’Évelyne Pisier et Caroline Laurent. Emmanuelle, Lise et Célia se sont plongées dans « cette histoire qui s’étend sur une longue période » : l’enfance d’Évelyne Pisier en Indochine puis en Nouvelle-Calédonie, sa mère qui choisit de quitter sa famille très conservatrice pour s’épanouir dans un féminisme radical, sa relation amoureuse avec Fidel Castro, une carrière brillante de >professeur de droit. La vie d’Évelyne Pisier est en effet un roman, dont Caroline Laurent, alors directrice littéraire aux éditions Les Escales, a été la première lectrice : « La trame était définie. Les intentions de l’auteur étaient claires, mais il restait un travail formel à accomplir. Une histoire pareille, avec un tel arrière-plan historique une telle trajectoire, avait quelque chose de stupéfiant. » Alors elles s’y sont mises, ensemble. « Nous avons donc entrepris un travail à 4 mains. Dès ce moment-là, j’étais au-delà de ce que je fais normalement en tant qu’éditrice. Pendant 6 mois, ce fut un ping-pong littéraire. Elle lisait, complétait, nourrissait les chapitres. » Se noue entre les deux femmes une relation hors du commun : « Elle et moi c’était deux folies qui se rencontraient. » Mais Évelyne tombe malade, gravement. Sa mort en février 2017 aurait pu signer la fin de ce projet éditorial. Il n’en est rien. Elle demande à son éditrice et amie de le poursuivre. « C’est un moment où l’histoire du livre devient aussi folle que le roman lui-même. Toute la partie sur l’enfance en Indochine était vue et validée. Pour le reste, j’avais seulement la matrice du roman. Restait à l’écrire. Il fallait honorer cette promesse qui nous unissait, et accepter de dévoiler les coulisses d’une relation rare entre un auteur et son éditeur qui n’est pas banale. » Caroline Laurent fait alors le choix de composer un récit cadre pour rendre explicite la double signature du livre, pour clarifier aux yeux des lecteurs le relais qui s’est construit au fil de l’écriture. C’est finalement cette histoire en miroir qui a séduit les jeunes lectrices.

Lire pour soi
Participer à un prix littéraire, c’est entrer dans une littérature vivante : lire des textes qui viennent d’être publiés, et surtout rencontrer des auteurs. Caroline Laurent en est convaincue : « Rien ne remplace la rencontre des écrivains. Quand on échange avec les élèves dans les lycées, quelque chose se passe. Il n’y a plus que la passion. » Les lycéennes aussi considèrent que la littérature contemporaine n’a pas tout à fait assez de place à l’école. Seul regret pour Emmanuelle, que les garçons n’aient pas eux aussi leur prix : « généralement, les filles lisent plus que les garçons. Ils auraient besoin d’avoir un prix pour les encourager à lire. »

 

L’A.P.D.E.N., Association des professeurs documentalistes de l’Éducation Nationale partenaire de la NRP
• L’organisation et/ou la participation à des prix littéraires est évidemment un levier primordial dans la promotion de la lecture auprès des lycéens et lycéennes. Ces temps privilégiés, individualisés et personnalisés, sont une richesse et trouvent un écho tout particulier quand ils sont complémentaires de travaux menés au sein de groupe classe, en partenariat avec les autres enseignants disciplinaires, dans l’optique de développer une culture de l’information et des médias auprès des élèves, d’éduquer leur esprit critique et d’en faire des lecteurs avisés et exigeants. Ce sont ces projets que l’A.P.D.E.N se proposera de mettre en valeur, dans une rubrique dédiée, dans les prochains numéros de votre revue.
• Consulter le site http://www.apden.org/

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Publié le par La rédaction NRP

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