Les écrivains, les élèves et nous

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Encourager, faire connaître, rencontrer les primo romanciers : les bibliothèques, le Festival de Chambéry.

Cécile Rabot, sociologue de l’édition, est revenue sur la construction de l’auteur et sur le rôle joué par les bibliothèques dans le processus d’auctorialisation du romancier.

Ainsi faut-il d’abord faire la différence entre le terme de scripteur et celui d’auteur. Pour Cécile Rabot est auteur celui qui aura acquis une certaine notoriété et pas forcément celui qui aura publié un ouvrage à compte d’éditeur. Reprenant Alain Viala, Cécile Rabot met en avant les quatre phases du processus qui permet d’accéder au statut d’auteur classique.

-         Phase de légitimation, le livre et l’auteur doivent connaître un certain succès et une certaine reconnaissance critique ;

-         Phase d’émergence, accès à une légitimation supérieure où l’auteur va se détacher des autres auteurs légitimés ;

-         Phase de consécration, accès aux marques les plus hautes de distinction ;

-         Phase de perpétuation, phase décisive pendant laquelle la notoriété est acquise sur le long terme.

Mais s’inscrire dans la longévité, c’est aussi le fait d’acteurs extérieurs qui vont mettre en avant le livre grâce à différentes dispositions. Cécile Rabot s’est penchée sur le rôle des bibliothèques de lecture publique parisiennes. Les bibliothécaires peuvent intervenir à chaque étape du processus d’auctorialisation, ils sélectionnent les livres, les mettent en avant, proposent des animations…  Ils participent clairement « au contrôle du « droit d’entrée » dans le champ littéraire ». Les bibliothèques participent grandement à la phase de perpétuation en mettant à disposition les grands auteurs classiques, mais également des auteurs plus jeunes qui ont connu de grands succès. Il s’agit de mettre en avant une continuité de la production d’un auteur. Mais il ne suffira pas pour autant d’utiliser des ficelles classiques, la singularité sera également un gage de longévité.

Les bibliothèques jouent aussi un rôle important dans le processus initial de légitimation, grâce à un grand intérêt pour les premiers romans. Il s’agit là de faire découvrir à la fois des nouveaux livres mais aussi des auteurs en devenir.

Troisième point souligné par Cécile Rabot : l’importance des  rencontres avec les auteurs organisées en bibliothèque. Ces rencontres permettent de donner une réalité nouvelle à l’auteur, qui existe désormais en tant que personne physique. L’accent est mis alors sur « le travail d’écriture et le geste de création ».  Paradoxe de la situation, bien qu’employant des techniques commerciales, les bibliothèques mettent à l’honneur des écrivains en devenir, en phase de légitimation plutôt que des auteurs déjà consacrés. On parlera davantage de « visibilité » pour faire connaître et rajouter de la « valeur » à un nouvel auteur. Attention, ces rencontres n’ont pas vocation à faire naître le désir d’écrire chez le lecteur, même si c’est le processus créatif qui est mis à l’honneur.  L’auteur doit faire découvrir le sens de son livre au lecteur, qui, lui, est à son tour libre de se faire son propre jugement, en s’appropriant le texte et en dégageant une signification qui lui est propre. Inversement, l’auteur a la possibilité d’envisager son œuvre sous un angle nouveau.

Bertrand Legendre l’a fait remarquer dans son intervention, les festivals sont de plus en plus nombreux à privilégier les premiers romans. Écoutez Véronique Bourlon, directrice du Festival du premier roman de Chambéry, nous présenter son festival, avec son mode de sélection unique, et nous faire partager l’enthousiasme des jeunes pour ces romans.

Intervention de Véronique Bourlon

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