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Entretien avec Patrick Deville

Publié le par La rédaction NRP

Propos recueillis par Marie-Hélène Dumaître pour la NRP le 13 décembre 2014.

Patrick Deville au musée Pasteur à Paris le 11 juillet 2012 – Figarophoto/Jean-Luc Bertini

Patrick Deville au musée Pasteur à Paris le 11 juillet 2012 – Figarophoto/Jean-Luc Bertini

 

NRP : Vous venez de publier Viva qui semble clore un premier tour du monde, partant de l’Amérique centrale avec Pura Vida et revenant au Mexique dans Viva : est-il approprié de parler de « cycle », et ce « cycle » est-il terminé ?

Patrick Deville : Il s’agit en effet d’un cycle, avec des limites temporelles – de 1860 à aujourd’hui –, et géographiques, un tour du monde d’ouest en est. Mais ce cycle n’est pas achevé, j’espère n’en être qu’à la moitié. J’imagine des trilogies, la première vient de paraître, qui groupe Pura Vida, Équatoria et Kampuchéa. La seconde pourrait assembler Peste & Choléra, Viva et un livre sur lequel je travaille depuis des années, et qui sera un roman « français » après le « mexicain ». Ensuite je repartirai peut-être pour un nouveau tour du monde, dans l’autre sens, d’est en ouest.

 

NRP : Votre travail est donc très construit…

Patrick Deville : Pour ces livres, ces romans sans fiction, le travail de conception et de construction est long, quelques années, la phase d’écriture, qui n’intervient qu’à la fin, est brève, quelques semaines ou quelques mois. Afin de conserver un certain rythme de publication, je travaille ainsi sur plusieurs livres à la fois, à des degrés divers d’invention et de recherches, amassant les matériaux, séjournant alternativement dans les lieux de ces prochains livres à écrire, pour les nourrir. Ce projet est en route depuis quinze ans, et j’espère y travailler encore quinze ans.

 

NRP : Comment un tel projet est-il né ?

Patrick Deville : La première décision est celle d’écrire, de devenir écrivain. On peut le décider enfant, à sept ou huit ans, sans savoir du tout ce qu’on pourrait bien écrire. Mais c’est une activité qu’on ne peut pas faire à moitié, je l’ai vite découvert : il faut consacrer sa vie à cela, lire et écrire. Entre cette décision prise vers huit ans et vingt-trois ans, je n’ai rien écrit, pas le moindre poème ou texte d’adolescence, parce que tout cela me semblait si considérable et si important que j’attendais de pouvoir m’y consacrer pleinement, j’espérais en avoir le courage, et essayer jusqu’à trente ans, apprendre à écrire, puis, si je n’y parvenais pas, faire autre chose, enseigner la philosophie ou faire des affaires, il y a bien sûr d’autres manières de mener sa vie. Écrire est mon activité principale depuis l’automne 1980, lorsque je me suis installé au Moyen-Orient, région qui apparaît peu jusqu’à présent dans ce cycle mais j’y travaille.

 

NRP : Pourquoi vous êtes-vous détourné de la fiction ?

Patrick Deville : Comme je vous le disais, au départ le projet est tout simplement « écrire », intransitif. Mais il faut bien ensuite que cela devienne transitif, « écrire quelque chose ». On prend alors conscience qu’on n’a pas choisi son affectation, ni le siècle ni le lieu, qu’on est né quelque part à un certain moment : ce milieu particulier on doit l’affronter, s’y inscrire, y chercher sa place, comment inventer quelque chose. Ce qui est vrai pour l’environnement géographique et historique vaut pour l’environnement littéraire. On essaie de tout lire en se demandant comment et où s’inscrire dans cette histoire littéraire. J’ai d’abord décidé qu’il fallait publier chez Minuit, dont le catalogue me semblait le plus important, le plus impressionnant. Ce qui m’amenait à accepter de m’inscrire dans cette littérature française expérimentale de la deuxième moitié du xxe siècle, post Nouveau Roman. Cependant, assez vite (j’ai tout de même publié cinq romans chez Minuit), je me suis senti à l’étroit dans cette forme, cela ne me satisfaisait plus, je cherchais autre chose, pendant des années.

 

NRP : J’ai l’impression d’une évolution au cours de l’écriture de ce cycle. Pura Vida et Equatoria me paraissent plus touffus. Est-ce à dire que votre projet s’est infléchi, modifié, ou précisé au fur et à mesure ?

Patrick Deville : Je relis beaucoup tous ces livres, parce que chacun est une suite, même s’ils sont indépendants. Quand j’ai pris contact avec Le Seuil parce que ce projet ne me semblait pas pouvoir trouver sa place chez Minuit, j’ai exposé ce projet mais je ne le maîtrisais pas, n’étais pas du tout sûr de pouvoir le mener. Lorsque j’ai entrepris l’invention du premier, Pura Vida, c’était comme en musique de changer d’instrument. Je ne savais pas où j’allais. J’avais cette impression d’inventer une forme nouvelle sans bien savoir si elle était viable. J’ai beaucoup tâtonné. Avec le temps le projet s’est clarifié. Tous ces romans se sont inscrits dans ce cycle, ils ont beaucoup de points communs mais sont tous différents, ils ne sont pas faits au moule. Deux journées du narrateur dans Pura Vida et un an dans Équatoria, et dans Peste & Choléra le narrateur passe momentanément en troisième personne du singulier, etc.

 

NRP : Quelle place singulière occupe Peste & Choléra dans cette série de livres ?

Patrick Deville : Sans doute parce que je l’ai écrit plus vite et que la phase de recherche en amont a été plus courte. J’étais déjà sur place, en Asie du sud-est, depuis trois ou quatre ans, pour suivre le procès des Khmers rouges et écrire Kampuchéa, où apparaît déjà Yersin. Je savais que toutes les correspondances, archives, étaient à l’Institut Pasteur à Paris, où je suis allé travailler quelques semaines avant de suivre Yersin en Suisse, en Allemagne, au Vietnam… Il y a eu quelque chose comme un plaisir de virtuose à écrire Peste & Choléra, c’est d’ailleurs une image qui vient dans le roman, le plaisir de jouer la partition qu’est une vie. Les années passant, on finit par acquérir aussi une espèce de savoir-faire. On peut reprendre le titre d’une nouvelle de Lowry citée dans Viva, « Le métier, cet étrange réconfort », réconfort étrange, dans la mesure où il facilite le travail et constitue aussi un danger dont il faut se méfier.

 

NRP : Avez-vous une œuvre préférée, dans laquelle justement vous dépassez ce plaisir et ce travail de virtuose ?

Patrick Deville : Pour cette relecture particulière des huit cents pages de Sic transit avant l’édition de la trilogie, c’est par Équatoria que je me suis laissé le plus entrainer, parce que, même si tous ces romans sont différents, la publication chaque fois du suivant modifie la lecture des précédents, parce que nous connaissons le futur du narrateur, et parce que des histoires ou des vies sont reprises et développées. Par exemple Trotsky et Lowry dont les noms clignotent dans chacun de ces romans arrivent au premier plan dans Viva ; la vie du Che Guevara, qui est fragmentée dans ces livres, est encore complétée dans Viva ; Yersin, qui clignote dans Kampuchéa, vient au premier plan dans Peste & Choléra, apparaît encore dans Viva

 

NRP : Parmi vos personnages, on trouve différentes sortes d’aventuriers : certains sont mus par l‘attrait de la gloire ou du pouvoir, d’autres par le goût de l’ailleurs et de l’exploration, mais Yersin est un peu singulier, par son côté multi-entrepreneur. Est-ce ce que vous appréciez chez lui ? Ou y a-t-il autre chose ?

Patrick Deville : Jeune, Yersin écrit à sa mère que « ce n’est pas une vie que de ne pas bouger », plus tard il s’arrête et bâtit, c’est justement ce qui est intéressant. Il y a aussi dans la vie de l’explorateur Stanley, dans Équatoria, un moment qui me fascine, que je trouve magnifique : après avoir traversé la forêt de l’Ituri, après que son arrière-garde a été massacrée, que personne en Europe ne sait plus, depuis un ou deux ans, ce qu’il est devenu, il s’arrête et bâtit un fort, fait cultiver des champs, ne bouge plus. Même s’il ne l’écrit pas si clairement dans son journal, mais forcément, et je l’imagine, il se dit qu’il pourrait rester là, qu’il est un paysan. J’ai une grande admiration pour cela, la proximité de la terre, vivre dans le paysage. Ce grand titre de paysan dans Rimbaud. Le général Suter de Cendrars dans L’Or, Stanley et Yersin ont cela en commun, la terre, le paysage, et aussi ils sont explorateurs, veulent aller voir là-bas, plus loin, derrière cette colline à l’horizon, avec l’espoir de découvrir si tout cela a un sens.

 

NRP : Comment écrit-on l’Histoire en romancier ? Pourquoi tenez-vous à l’appellation « roman » même si ce que vous faites est très historique ?

Patrick Deville : Pour les dates, les lieux, les faits, j’essaie de faire en sorte qu’il n’y ait aucune erreur, et s’il y en a je les corrige. Ces livres construisent aussi un mausolée, ou un panthéon personnel, une histoire de la littérature. C’est un travail davantage littéraire qu’historique, dans la mesure où je conserve une liberté de choix. Par exemple, je sais parfaitement, pour les écrivains surtout, qui ne franchira jamais le seuil de ces pages et ceux que je souhaite y accueillir. Mais aussi, par exemple : Yersin avait un frère et une sœur, si la correspondance avec celle-ci est capitale pour connaître sa vie, les rapports avec son frère n’offrent aucun intérêt et je l’ai exclu du roman, ce que ne pourrait faire un biographe. Si l’historien tente de saisir le réel de façon scientifique, et c’est indispensable, la littérature tente de le saisir de façon poétique. Ces livres relèvent de la poésie au sens large, tel que chez Artaud, incluant toutes les formes d’art, peinture ou langage. Et comme toute création artistique ces romans tentent d’atteindre à une vérité poétique du monde.

 

NRP : Quel rôle accordez-vous à la littérature ?

Patrick Deville : C’est justement cela : que les visées poétique et scientifique nous sont indispensables et doivent concourir, nous éclairer, nous permettre d’atteindre à notre humaine condition. La littérature nous permet de déjouer la finitude, de concevoir ce que c’est que d’être une autre personne humaine que celle que nous sommes. Nous sommes une liberté infinie, et donc responsables de ce que nous devenons, responsables des choix que nous effectuons. C’est la lecture de la littérature qui nous aide à devenir la personne humaine que nous pensons devoir devenir, nous aide à penser et à agir.

 

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Corneille monté par Brigitte Jaques-Wajeman : la mesure et l’éclat

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par Gaëlle Bebin

Cléopâtre et Ptolomée dans Pompée © Cosimo Mirco Magliocca

Cléopâtre et Ptolomée dans Pompée © Cosimo Mirco Magliocca

Après les mises en scène de Nicomède (1651) et de Suréna (1674), Brigitte Jaques-Wajeman monte cette année Pompée (1641) et Sophonisbe (1663), la suite de ce cycle de pièces de Corneille qu’elle appelle « coloniales ». Elles se déroulent cette fois en Afrique (à Alexandrie dans Pompée et à Syrte, l’actuelle ville d’Oran, dans Sophonisbe), apparemment très loin de Rome, mais Rome, figure ambivalente de l’arrogance et de la raison, ne se laisse jamais oublier à ses alliés forcés, jaloux de leur indépendance. Sophonisbe est rythmée par des revers successifs et inattendus dans une atmosphère de menace constante. Pompée s’ouvre sur un dilemme et une erreur de jugement fatale dont les conséquences se font entendre par de très beaux récits funestes. Figures historiques, Cléopâtre comme Sophonisbe se sont données la mort pour ne pas être menées en vaincues au triomphe du maître de l’Empire romain. Dans les deux pièces, les femmes défendent jusqu’au bout leur ambition et leurs valeurs avec un plus grand courage que les hommes.

Pour seul décor, un tapis et une grande table ; comme accessoires : couronne, verres, plats, nappes et pistolet… La simplicité et l’élégance de la mise en scène laissent éclater par instants la violence lorsque, soudain hors d’eux, les corps exultent ou se tordent. Pieds nus souvent, dans de très beaux costumes qui n’ont rien d’un déguisement à l’antique, les comédiens font entendre les alexandrins avec un naturel rarement atteint.

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Lorenzaccio, Alfred de Musset

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Deuxième œuvre du programme de littérature du Bac L 2013-2014 : Lorenzaccio, d’Alfred de Musset.
Sylvain Ledda, professeur de littérature française du XIXe, professeur de littérature et arts à l’université de Rouen et spécialiste du théâtre romantique, nous présente l’œuvre et ses adaptations, dans ces vidéos exclusives NRP.

Les contextes d’écriture de Lorenzaccio


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Découvrez les métiers des sciences de l’homme

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Les métiers des sciences de l'homme

Souvent méconnues ou considérées comme « chômatogènes », les filières d’études en sciences de l’homme sont pourtant riches et ouvrent sur des métiers essentiels pour comprendre le monde qui nous entoure et l’envisager avec un œil neuf. En lien avec la fiche « Enseignement d’exploration – Les tropiques imaginaires (« Regard sur l’autre et l’ailleurs ») », découvrez le parcours de deux anthropologues et ethno-linguistes, Jean-Didier Urbain et Dominique Desmarchelier, ainsi que leurs conseils aux élèves.

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Découvrez les métiers de l’édition

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Découvrez les métiers de l'édition

En prolongement de la fiche « Enseignement d’exploration »  « Éditer un texte littéraire avec les élèves », découvrez des interviews exclusives de professionnels de l’édition. Éditeur, correcteur, iconographe et éditeur multimédia, nous les avons rencontrés pour vous. L’occasion idéale de découvrir l’avenir des métiers et les métiers d’avenir de l’édition !

 

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Interview Jean-Claude Bologne

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Jean-Claude Bologne

La Société des gens de lettres est notre partenaire pour la Journée d’étude et de réflexion du 2 avril prochain qui aura lieu à l’Hôtel de Massa à Paris, « Les écrivains, les élèves et nous » 

 Son président, Jean-Claude Bologne, a répondu à nos questions. Il nous parle de la naissance et de l’histoire de la SGDL, et de la situation de l’écrivain dans la société aujourd’hui.

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Au Louvre, en regardant en écrivant

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Par Gaëlle Bebin

Un atelier d’écriture devant les œuvres, c’est ce que propose aux professeurs l’une des offres de formation continue de l’académie de Versailles, grâce à la Délégation académique à l’Action culturelle qui se bat chaque année pour programmer ce stage. Un atelier dont la spécificité est d’associer littérature et arts plastiques, avec la précieuse collaboration de l’artiste plasticien Joël Paubel. Depuis deux ans, en quatre séances chacun, des écrivains choisissent quelques œuvres exposées au Louvre pour déclencher l’écriture. Ainsi Suzanne Doppelt avait-elle opté, entre autres, pour Suzanne au bain de Tintoret, quand Tanguy Viel s’était laissé inspirer par des natures mortes hollandaises. Cette fois, suivons Véronique Ovaldé, qui nous entraîne vers les peintures espagnoles du musée, et a répondu à nos questions.

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Marivaux, Musset, comédies en un acte

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Par Gaëlle Bebin

 

Le personnage de Merlin, dont le costume et l’attitude sont inspirés de L’indifférent de Watteau

 « Si l’amour est une comédie, cette comédie, vieille comme le monde, sifflée ou non, est, au bout du compte, ce qu’on a encore trouvé de moins mauvais. Les rôles sont rebattus, j’y consens ; mais, si la pièce ne valait rien, tout l’univers ne la saurait pas par cœur » dit le Comte à la Marquise, lassée de devoir sempiternellement écouter les mêmes galanteries. Dans Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, Musset resserre le dialogue sur la déclaration d’amour et la difficulté à échapper à l’expression codifiée des sentiments. Cette brève comédie proverbe, suivie de On ne saurait penser à tout est montée cette année par Frédérique Plain. Elle est aussi l’assistante de Jean-Pierre Vincent pour sa mise en scène des Acteurs de bonne foi de Marivaux, actuellement en tournée. Une pièce dont l’enjeu est aussi un mariage, et où la comédie de l’amour se donne ouvertement, ainsi que l’amour de la comédie…

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Charles Juliet, rencontre d’automne

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Propos recueillis par Gaëlle Bebin

 

Il est venu parler d’écriture et de recherche de soi, inséparables dans son œuvre essentiellement autobiographique. L’écriture de son Journal qu’il poursuit depuis des années représente, à l’inverse du narcissisme, une ouverture à une autre manière d’être, de penser, de vivre. Il relate des instants de vie, observe ce qui survient dans sa réalité interne. Longtemps livré à la confusion, il a écrit sous forme de fragments avant que l’écriture d’un récit devienne possible. Des pages ont dormi douze ans pour devenir Lambeaux, un récit sur ses deux mères, biologique et adoptive. C’est l’écriture dont il dit qu’elle s’est imposée à lui depuis l’âge de 23 ans, qui l’a fait naître à lui-même. Lumières d’automne – Journal VI (1993-1996) est paru chez P.O.L.

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Interview de Fabrice Bourland

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Fabrice Bourland est un jeune auteur qui s’est fait un nom à travers quelques romans remarqués dans la collection « Grands détectives » chez 10/18 (Le Fantôme de Baker Street, Les Portes du sommeil, La Dernière Enquête du chevalier Dupin et Le Diable du Crystal Palace). Son écriture tout à fait originale, parce qu’elle joue des références littéraires tout en proposant de véritables enquêtes, nous a donné envie de le rencontrer. Une belle rencontre pour faire écho à notre numéro de septembre sur « Revisiter le polar ». 

À consulter également : notre supplément 10/18 dans la rubrique Partenariats.

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