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« Le goût des livres » compte rendu du colloque du 20 octobre 2016

Publié le par La rédaction NRP

LOGO_70ANS_NRPPour ceux qui n’ont pas pu se rendre au colloque NRP (organisé le 20 octobre dernier à l’ENS) sur la transmission des œuvres littéraires au collège et au lycée, voici un compte rendu détaillé des interventions de Cécile Ladjali, Blandine Longhi, Pierre Péju, Antony Soron et Aurélie Stauder.

 

Les interventions

  • La petite musique de nuit des classiques, par Cécile Ladjali, écrivain
  • Entrer dans les textes littéraires par une approche concrète, par Antony Soron, maître de conférences à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Faire aimer la littérature médiévale, par Blandine Longhi, professeur-formatrice à l’ESPE Paris-Sorbonne
  • Des journées pour jouer avec la littérature par des associations d’élèves de l’ENS
  • Enseigner la littérature à l’heure d’Internet,par Aurélie Stauder, professeur de lettres
  • Le goût des livres et la chair de l’écrivain, par Pierre Péju, écrivain

Compte rendu du colloque

Une approche documentaire

Lisez à vos élèves une lettre de Madame de Sévigné. Si élégante que soit la plume de l’épistolière, il y a fort à parier qu’ils seront tout à fait insensibles aux accès d’inquiétude, de tristesse et d’espoir de cette mère éloignée de sa fille de quelques centaines de kilomètres. Mais parlez-leur de la poste au XVIIe siècle, des lettres qui n’arrivent jamais, de celles qui mettent des semaines à parvenir à leur destinataire, des routes envahies de brigands, et les élèves partageront les émotions de la marquise, son inquiétude extrême. Ils verront même une forme de suspense dans ces échanges différés et interrompus. C’est grâce à cette approche documentaire qu’Antony Soron, maître de conférences à Paris I et responsable du parcours lettres à l’ESPE, dessine des chemins vers l’œuvre d’art.

L’association Journées Découvrir l’Antiquité animée par des élèves de l’ENS propose aussi une approche concrète pour aborder une littérature plus lointaine encore, celle de l’Antiquité. Les collégiens et lycéens accueillis rue d’Ulm sont conduits par le biais d’objets, d’images et d’histoires vers les textes difficiles d’Euripide, d’Aristo­phane ou de Cicéron.

Le corps et l’esprit

Un moment clé du cours de français est la mise en voix du texte. Christine Culerier et Florient Azoulay, tous deux comédiens, ont montré, si besoin était, qu’une lecture précise autant qu’expressive est non seulement un outil de compréhension, mais aussi un cadeau pour l’auditoire. Cécile Ladjali, professeur et écrivain, est une militante de l’oralisation des textes, et du par-cœur. Ainsi, dit-elle, on n’apprend plus seulement avec la tête, mais aussi avec le cœur. Le texte inté­riorisé nous appartient.

Le sens avant toute chose

Cela a été un leitmotiv : on n’entre pas dans la littérature en se demandant qui est le narrateur ou en repérant des figures de style. En 2005, Pierre Péju a eu l’agréable surprise de voir qu’on avait choisi pour le brevet des collèges un extrait de son roman La Petite Chartreuse. Mais les questions posées aux élèves de 3e ont suscité en lui une certaine perplexité : il se savait pas très bien que répondre. Comment peut-on imaginer aider les élèves à ressentir de l’empathie avec cette petite fille sur le point de se faire renverser par une voiture et dont le destin bascule en demandant : « Qui les expressions « imperméables humides », « parapluies dégoulinants » et « silhouettes » désignent-elles ? » ? C’est pourtant la première question de l’exercice. Il faudra attendre une vingtaine de questions pour que le mot « accident » soit prononcé. Lui à qui le goût des mots est venu très tôt, par le rêve, dit avoir eu en lisant cet énoncé une impression de dessèchement. Pour Pierre Péju, il faut beaucoup de subtilité et de délicatesse au professeur de littérature, qui confirme et incarne ce rapport fragile à la langue et aux histoires, construit dans la petite enfance.

Aurélie Stauder, professeur de lettres, cherche des méthodes pour que ses élèves se concentrent sur l’essentiel : le sens texte. Pour cela, elle a aussi recours aux outils numériques. Forums, sites contributifs, enregistrements permettent à l’élève de s’engager dans la lecture, et de confronter une œuvre à ses propres représentations. Ses propositions ont déclenché des questions, des commentaires, des objections. Les outils numériques ont-ils un intérêt spécifique pour lire et comprendre un texte ? La littérature est-elle compatible avec le caractère cumulatif du savoir numérique ?

La musique des classiques

Ce qu’on aime, il faut le partager. C’est le sens de notre engagement de professeurs, d’écrivains, d’éditeurs. Blandine Longhi, professeur et formatrice à l ‘ESPE, nourrit depuis longtemps une véritable passion pour la littérature médiévale. En décodant des vers de Guillaume de Machaut comme s’il s’agissait d’un jeu, en comparant une ballade de Villon au lyrisme plus accessible de Victor Hugo, elle ouvre la porte aux raffinements des poètes du Moyen Âge. Cécile Ladjali a montré quant à elle qu’on ne gagne rien à vouloir adapter les contenus à un niveau supposé des élèves ou à l’idée fallacieuse que certains publics ne pourraient recevoir que ce qui est en lien avec le monde qui les entoure. Au contraire, c’est l’altérité du texte littéraire, son étrangeté qui en font le prix. Le rôle du professeur est de croire à la transmission d’une culture, de montrer à ses élèves que le patrimoine littéraire est notre bien commun. Soyons élitistes, dit-elle, en enseignant à tous ce qu’il y a de meilleur.

Les interventions

À venir

 

Publié le par La rédaction NRP
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Rencontres NRP BnF: Jeux et stratégies pour l’étude de la grammaire, 5 mars 2014

Publié le par La rédaction NRP

Rencontres NRP Le 5 mars 2014 de 14h à 17h

À la 260809-Logo-BnFBibliothèque Nationale de France
Quai François Mauriac
75013 Paris

 

« Ne pas donner sa langue au chat
L’étude de la langue en classe de français au lycée et au collège
Partager avec de jeunes esprits le bonheur de lire, écrire ensemble des histoires, disséquer un petit texte sont autant de défis que le professeur de Français a l’habitude de relever, avec souvent un vrai plaisir pédagogique. Il lui est plus difficile de transmettre son goût pour la langue, les finesses de l’orthographe, les subtilités de la grammaire. Comment aborder ces questions ? Pourquoi a-t-on si souvent le sentiment que ça ne fonctionne pas, que les acquis sont à reprendre tous les ans ? Peut-on trouver des stratégies, des détours, pour rendre les cours de langue plus efficaces ? Plusieurs personnalités d’horizons différents répondront à ces questions : des professeurs, un écrivain de l’Oulipo, ces gymnastes du langage, une spécialiste des neurosciences qui fera un point sur les dernières avancées sur l’étude de l’apprentissage chez les ados et enfin des professionnels de la Bibliothèque nationale de France. Autant d’approches différentes et originales, hors des sentiers battus, au secours de la grammaire.

Yun Sun Limet, directrice de la rédaction
Claire Beilin-Bourgeois, conseillère pédagogique

Inscription recommandée à l’adresse nrpediteur@sejer.fr
Nombre de places limité

Se rendre à la BnF :
Métro

Lignes 6 (Quai de la gare), 14 et RER C (Bibliothèque François-Mitterrand)
Bus
Lignes 89, 62, 64, 132 et 325
Télécharger le plan

Programme :

Chaque intervention sera suivie d’un échange avec le public.

Des bonbons aux épinards ? Quelques considérations cognitives sur l’incorporation du jeu dans l’enseignement
Par Alex Cristia, docteur en linguistique générale, spécialiste de l’apprentissage des langues chez l’enfant, elle est actuellement chargée de recherche au CNRS.

« Décoder » la grammaire : pour une vision d’ensemble du système grammatical
Par Mariane Zingraff, professeur certifiée de Lettres modernes, elle s’occupe égalementd’une unité pédagogique pour les élèves allophones primo-arrivants.

Enseigner la langue au lycée : des pistes pour un enseignement problématique
Par Edith Wolf, professeur agrégée de Lettres moderne, auteur de manuel scolaire, elle anime également des ateliers d’écriture.

Les fonds oulipiens conservés ou en dépôt à la Bibliothèque de l’Arsenal
Par Claire Lesage, archiviste paléographe, elle est conservatrice en chef, chargée de collections et chef du Service collections à la Bibliothèque de l’Arsenal.

L’ouvroir de littérature potentiel : un gros potentiel pour l’étude de la langue
Par Hervé Le Tellier, écrivain et membre de l’OuLiPo, il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages et participe à 1991 à l’émission « Des Papous dans la tête » sur France Culture.

Présentation du Candide enrichi : le multimédia comme chemins de lecture
Par Françoise Juhel, chef du Service des éditions multimédia, Département des éditions, Direction à la diffusion culturelle de la BnF.

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Rencontre : Enseigner l’histoire des arts 14 novembre à la Gaité lyrique

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Sous le signe du dialogue
Enseigner l'histoire des art L’entrée de l’Histoire des arts dans les programmes officiels, la création d’une épreuve du brevet en Histoire des arts, autant d’événements qui ont dérouté les pratiques et posé bien des questions aux enseignants qui en recevaient la charge. En première ligne, les professeurs de Lettres. Il nous a semblé important de revenir sur ces problématiques en variant les situations et les points de vue. Car cette variété est le quotidien de nos classes. Les intervenants de cette rencontre sont soit des enseignants qui ont mené des projets Histoire des arts en autonomie, soit des experts et artistes extérieurs qui viennent en classe apporter leur savoir-faire et leur expérience propre, ou bien encore des enseignants d’une discipline artistique avec lesquels travailler en interdisciplinarité. À chaque fois, il s’agit de bousculer les idées reçues ou les supposés savoirs et d’entrer en dialogue. C’est aussi ce dialogue que nous espérons engager entre vous et les orateurs, à l’image du dialogue entre les arts…
Yun Sun Limet, Directrice de la rédaction
Pour prolonger la journée, participez au forum de la NRP, échangez vos impressions et vos expériences sur l’enseignement de l’Histoire des arts.

 

Vous ne pouvez pas participer à la journée ? Suivez-nous sur Twitter @NRP_Lettres, l’après-midi sera commentée en direct.

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N’oubliez pas le rendez-vous du 9 novembre

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Le petit Palais © C. FOUINLa rencontre NRP aura lieu le 9 novembre prochain à l’auditorium du Petit-Palais à partir de 14h. « Le numérique : nouvel espace d’expérimentation pour la lecture et l’écriture » vous propose de réfléchir sur les nouvelles technologies et leurs applications aux lettres, à la lecture, à l’écriture et bien sûr à l’enseignement.

Nous vous invitons à venir écouter et rencontrer des écrivains, des chercheurs et des enseignants qui nous feront part de leurs expériences et montreront à quel point les nouveaux supports et le nouvel environnement Web posent des questions tout en apportant des réponses, souvent inattendues. Retrouvez le programme complet et la présentation des intervenants ici.

Et grâce à notre partenariat avec le Petit Palais et la Maison des écrivains, les abonnés de la NRP présents à l’après-midi pourront également visiter l’exposition consacrée à la Comédie-Française.

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Des écrivains et des enseignants

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En attendant les vidéos qui devraient arriver prochainement découvrez les premières images de la journée NRP « Les écrivains, les élèves et nous » qui s’est tenue le 2  avril dernier à l’Hôtel Massa, siège de la Société des gens de lettres.

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