Archives par mot-clef : théâtre

Sortir au théâtre : La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht

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Cette année, deux metteurs en scène ont fait le choix de monter la pièce de Bertolt Brecht.

Le spectacle mis en scène par Dominique Pitoiset, avec Philippe Torreton, termine sa tournée à la Passerelle de Saint-Brieuc les 26 et 27 avril (réservations 02 96 68 18 40).

À la Comédie française, la pièce, mise en scène par Katharina Thalbach sera jouée jusqu’au 30 juin. La distribution est époustouflante, et les jeunes qui assistent à la représentation en sortent enthousiastes (réservation pour les groupes d’élèves : 01 44 58 15 03).

 

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Les scènes d’amour – n°72, novembre 2016

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Les mots d’amour, ou l’épistolaire au service de la rhétorique 2de

Comment mettre l’amour en scène et en mots 1re

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Le spectacle du pouvoir – n°68 janvier 2016

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L’art de bien gouverner 2de

La crise de la figure royale, de Shakespeare à Hugo 1re

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Projets de classe – Villette en piste, à la découverte de la création contemporaine

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© Alex Koch / Fotolia

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À Paris, le Parc de la Villette offre des possibilités de parcours pédagogiques, comme ceux qu’ont mené à bien l’an dernier Flavia Quitiliano et Lil Moch, professeurs aux lycées Simone Weil (Pantin) et Le Corbusier (Aubervilliers).

Le projet « Et si le monde était un cirque » par Flavia Quintiliano

Le profil des élèves des classes d’accueil est très hétérogène (niveaux de maîtrise de la langue française, niveaux scolaires et parcours de vie différents). Leur arrivée au lycée dans un nouveau pays suscite des interrogations communes : « Comment fonctionne la scolarité en France ? Qu’est ce qui m’attend ? ».
Pour les aider à répondre à ces questions, on peut rendre le changement d’espace géographique, linguistique et culturel des élèves le plus agréable possible. Le cirque, et les univers qui lui sont liés, peuvent y contribuer. Monter un projet cirque avec une classe d’accueil permet la création en groupe, la création d’une solidarité de groupe, et le développement de la confiance en soi.

Au lycée Simone Weil de Pantin, un projet incluant trois parcours a spécialement été construit pour les primo-arrivants. Les jeunes participent à un parcours de recherches, au centre de documentation de l’Académie Fratellini, sur les différentes traditions circassiennes à travers le monde et l’histoire. Le but est de montrer comment des cultures et des traditions parfois éloignées peuvent avoir des pratiques communes. Ils  mènent aussi un parcours de spectateur, en collaboration avec le Parc de la Villette. Les élèves assistent à trois spectacles au cours desquels ils découvrent différentes esthétiques du cirque contemporain. Avec le parcours de créateur, ils s’initient à cet art à l’occasion d’ateliers de pratique de cirque animés par des artistes.
Le projet se déroule sur toute l’année scolaire avec la réalisation d’une chronique racontant ses étapes sous forme de comptes-rendus collectifs et de textes d’opinions personnelles. L’écriture est privilégiée comme forme de restitution des étapes du projet afin de familiariser les élèves avec ce mode de communication essentiel dans la scolarité française. Les ateliers de pratique se concluent en fin d’année avec un spectacle mis en scène, conçu et interprété par les élèves, qui s’appuie sur ce double travail de recherche et d’expérimentation corporelle et qui s’inspire dans son thème des différentes traditions et identités des élèves.

Le projet « D’autres nous-mêmes », par Lil Moch

Quand j’ai appris que les partenariats « Villette en pistes » permettaient de bénéficier (entre autres propositions alléchantes) d’interventions artistiques et d’emmener les élèves au spectacle pour la très modique somme de 600 € pour l’établissement, j’ai sauté sur l’aubaine. Je suis allée au plus vite consulter la programmation du Parc et le projet n’a pas tardé à germer : l’exposition de photos Vos rêves nous dérangent (qui était presque intégralement visible en ligne) croisée avec les quelques mots de présentation du spectacle Le Bal des intouchables (Les Colporteurs) me livrait le thème du projet : effectuer avec les élèves une exploration artistique autour de la différence, la marginalité,  la singularisation de soi quant à son milieu environnant, la projection de soi en un autre…
La Villette demandait, pour un meilleur encadrement des élèves, que le projet soit mené au sein d’une équipe pédagogique. Excellente exigence ! En quelques jours l’équipe s’est constituée et le projet a pu mûrir : mené de manière transversale en anglais, en enseignement d’exploration Arts du spectacle, en E.P.S., en français et lors d’ateliers de pratique artistique, le projet devait permettre de varier les approches d’enseignement. L’exigence d’une restitution de forme « numérique », avec la possibilité de mêler images fixes, sons, et vidéos, nous a incités à varier les modes d’exploration artistique : les élèves pourraient ainsi découvrir une exposition photo et expérimenter la prise de vues au cours des ateliers Villette associés, ils pourraient écrire des textes en cours de français, explorer l’expression théâtrale en Arts du spectacle et la danse en cours d’E.P.S., découvrir des propositions circassiennes en assistant aux spectacles et réfléchir à la réalisation d’un film documentaire poétique lors de l’atelier final de création.
En cours d’anglais, les élèves ont préparé la visite de l’exposition Vos rêves nous dérangent. Ils ont été frappés par la violence sociale de certaines photos de Mikhael Subotzky sur Beaufort West (Afrique du Sud), intéressés par les mises en scènes d’immigrés mexicains aux États-Unis, représentés en super-héros par l’artiste Dulce Pinzón, et franchement émus par les témoignages pathétiques des jeunes indiennes photographiées par Achinto Bhadra qui se représentaient sous la forme de personnages symboliques de leur relation au monde dans l’exposition Un autre moi. La découverte a été forte pour les élèves, qui après un travail d’écriture bilingue (anglais-français) sur les photos ont même témoigné leur désir de rencontrer Achinto Bhadra, à qui ils ont écrit pour l’inviter aux restitutions de leur travail.
L’atelier « photos d’identité » proposé par Laurent Chemin leur a permis d’expérimenter une situation similaire : à l’aide d’accessoires, ils devaient se mettre en scène et inventer un personnage avec lequel ils entretenaient un rapport, auquel on leur demandait de réfléchir. Les portraits réalisés étaient très beaux, et les élèves se sont à la fois amusés et impliqués collectivement et individuellement. À partir de ces photos, ils ont pu écrire des textes, traduits en anglais, présentant les personnages créés. Un véritable travail d’écriture et de réécriture a ainsi pu être mené afin de réaliser une exposition textes + photos dont ils pourraient être fiers. L’implication de chacun à cette étape du travail a été remarquable.
Le parcours s’est poursuivi en Arts du spectacle autour de la rencontre de la compagnie Les Colporteurs et de leur spectacle Le Bal des intouchables : interview   du metteur en scène d’Antoine Rigot avant d’assister à une répétition du spectacle, travaux d’écriture poétique après avoir vu le spectacle, et ateliers de création sous le chapiteau de la compagnie. La proposition de la plasticienne Magali Brien était de réaliser un film documentaire poétique autour du parcours effectué lors de notre projet. Les images déjà réalisées ont pu être mêlées à des extraits de textes lus et à des prises de vues vivantes rassemblant plusieurs formes d’exploration artistique : un travail corporel inspiré du spectacle, des bribes de chorégraphie travaillées en cours d’E.P.S. et renouvelées par un travail d’improvisation choral, une approche plastique de la projection de soi en un autre soi à l’aide de silhouettes en papier kraft marionnettisées… Les élèves se sont trouvés en position de recherche artistique et de réalisation : ils ont participé au choix des grandes lignes du montage, au choix des musiques et du titre final : D’autres nous-mêmes : nos différences nous rassemblent. L’écoute était parfois difficile entre eux mais la stimulation était toujours au rendez-vous ! Si l’unité du projet était difficile à cerner pour eux au début, elle s’est peu à peu précisée lors de nombreux temps de réflexion orale.

Les élèves ont pu continuer toute l’année à assister à des spectacles de cirque contemporain de grande qualité : Tetrakaï (CNAC) assorti d’une rencontre ; Oktobre, qu’ils ont adoré.Leurs préjugés initiaux ont fondu comme neige et leur regard de spectateurs s’est nettement affiné. Ces élèves qui au départ « n’avaient pas choisi l’enseignement d’exploration Arts du spectacle », qui se méfiaient d’un cycle danse en E.P.S., pour qui les circassiens apparaissaient plutôt comme d’étranges fous, ont effectué un véritable parcours de découverte dans lequel ils se sont impliqués avec un enthousiasme visible. Ce sont à présent des spectateurs. Quant à moi, la très belle aventure vécue avec eux, leurs rires, leur énergie, leur application me manquent déjà.

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Une Belle Saison pour l’enfance et la jeunesse

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Par Gaëlle Bebin

La Belle Saison

La Belle Saison, lancée par le ministère de la Culture, vise à faire découvrir toutes les richesses de la création dans le domaine des arts vivants pour le jeune public. Sa programmation dans toute la France s’étend jusqu’à fin 2015, mais elle a vocation à susciter une dynamique pérenne. L’ouverture a eu lieu lors du Festival d’Avignon cet été.

Au même moment, au Festival, était repris Mai, juin, juillet de Denis Guénoun dans la mise en scène de Christian Schiaretti. Un spectacle inégal qui, revenant sur divers événements de l’année 68 (occupation de l’Odéon dirigé à l’époque par Jean-Louis Barrault, réunion à Villeurbanne de directeurs de centres dramatiques et de maisons de la culture, altercations de jeunes spectateurs avec Jean Vilar à Avignon), a le mérite de faire réfléchir, justement, sur certains rapports de la jeunesse au théâtre. Le modèle de transmission que Vilar proposait aux jeunes n’est plus compris et s’écroule en 68, explique Schiaretti. En mai, une partie de cette jeunesse veut se couper de l’art en empêchant les représentations à l’Odéon et en lançant « Plus jamais Claudel ! ». En juillet, Vilar est contesté au profit de la contre-culture américaine – incarnée notamment par le Living Theatre de Julian Beck. Entretemps, en juin, les directeurs de théâtre prennent conscience du « non-public », c’est-à-dire de tous ceux qui sont coupés de la culture, et cherchent un moyen de développer la démocratisation culturelle. « Si le mot de culture peut encore être pris au sérieux, c’est dans la mesure où il implique l’exigence d’une intervention effective tendant à modifier les rapports actuels entre les hommes, et, par conséquent, d’une enquête active entreprise de proche en proche en direction de tous : c’est-à-dire, enfin, une authentique action culturelle » écrivaient-ils alors, soulignant aussi « l’urgence d’inclure l’étude du théâtre pour l’enfance dans toute réflexion sur la culture ».

Mai, juin, juillet de Denis Guénoun, mise en scène de Christian Schiaretti Du 26 mai au 6 juin 2015, TNP de Villeurbanne

Aujourd’hui, et depuis longtemps, des créations et des projets de médiation de grande qualité sont diffusés par des professionnels engagés (enseignants, auteurs, artistes, éditeurs…). La Belle Saison  les recense et leur donne un coup de projecteur. Cela fait grincer les dents de certains, qui déplorent une opération de communication – « Label Saison » ! – plutôt que de production, en l’absence de financements. Il est cependant important de favoriser les coopérations et de soutenir l’innovation dans les parcours et les créations tournés vers la jeunesse, ne serait-ce qu’en donnant aux meilleures d’entre eux une plus grande visibilité. Par ailleurs, le dispositif CLEA (contrat local d’éducation artistique) se développe sur l’ensemble du territoire. Il est destiné aux jeunes et permet notamment d’organiser des résidences-missions, financées par les DRAC : un artiste est présent plusieurs mois pour transmettre sa démarche, en lien avec les équipes éducatives. Pour les artistes qui viennent dans les classes, l’action culturelle devrait être plus souvent envisagée comme une recherche artistique enrichissante ; leurs échanges avec les jeunes peuvent leur apporter beaucoup. Certains auteurs sont même amenés, à travers des commandes d’écriture, à écrire spécifiquement pour la classe. C’est le cas de David Lescot, qui prépare une création pour salle de collège…

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Falstafe, pour tous les âges

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Par Gaëlle Bebin

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe © Christophe Raynaud de Lage

Falstafe de Valère Novarina, pièce directement inspirée du personnage de Falstaff dans le Henry IV de Shakespeare, est adapté pour tout public à partir de 9 ans par le jeune metteur en scène Lazare Herson-Macarel. Son spectacle a été créé cet été au Festival d’Avignon où une attention particulière est portée au jeune public par le nouveau directeur, Olivier Py, qui monte à nouveau son spectacle inspiré d’un conte de Grimm, La Jeune fille, le diable et le moulin.

Lazare Herson-Macarel a raccourci le texte de Novarina, resserré le nombre de personnages, conservé tout ce qui permet de mettre en valeur les ressorts comiques de la pièce et choisi les répliques qui font du personnage principal un Peter Pan. Falstafe est un vieil enfant qui ne veut pas grandir. « Je voudrais que ce soit déjà le soir, que je sois déjà au lit et que tout se soit très bien passé », dit-il, effrayé. Ce poltron truculent, voleur et menteur, refuse le réel. Clin d’œil à Don Quichotte, les scènes sont annoncées comme des chapitres de roman d’aventures : « Où l’on verra… ». Falstafe vit dans l’imaginaire, passe son temps à faire semblant – se déguisant en roi Henry IV, faisant le mort sur le champ de bataille, prétendant avoir combattu vaillamment contre de nombreux assaillants…

Créer une autre réalité, n’est-ce pas justement ce que fait l’artiste ? Falstafe est aussi une pièce sur le théâtre. Le personnage principal, ce Matamore, s’invente des exploits guerriers avec une telle énergie, une telle jubilation du langage, que le public, complice, se prend à y croire et se prête même au jeu de ses mensonges. « Au fond, à ce moment-là, tout le monde a 8 ans dans la salle ! », commente le metteur en scène. Il aime à rappeler ce que lui a confié Novarina : « Il n’y a que les enfants qui me comprennent ». Transformer l’ensemble des spectateurs en jeune public, pourquoi pas ? La démarche de la troupe, qui s’appelle la Compagnie de la jeunesse aimable (en référence à Rimbaud), est de défendre un théâtre populaire avec l’obsession de travailler pour ceux qui n’ont pas l’habitude du théâtre, grâce à l’engagement et la générosité des acteurs.

Le début de la pièce montre l’amitié scandaleuse entre un jeune prince (le futur Henry V) et le vieux Falstafe. Insouciants, ils font la fête sur un air de Don Giovanni, « Fin ch’an dal vino ». Dans un « décor de temps de crise », comme le décrit le metteur en scène – une sorte de décharge où s’amoncellent des objets du quotidien – les deux compères ne cessent de se déguiser, se jouer des tours, car ce lieu est aussi un paradis de l’enfance où l’on fait théâtre de tout ce qui traîne. Dans cet univers burlesque, la couronne est une assiette en papier, le trône du vieux roi Henry IV une poubelle, un instrument de cuisine devient sceptre ou tambour… Mais c’est précisément au cours d’un jeu, lors d’une scène de théâtre dans le théâtre, qu’ils sont amenés à se dire des vérités qu’ils n’auraient pas exprimées autrement, et que le prince va prendre conscience de ses responsabilités, se transformant réellement… Surchargé au début, l’espace se vide à la fin, laissant Falstafe seul. Car cette pièce est aussi le parcours initiatique d’un jeune homme qui accède à l’âge adulte, se réconcilie avec son père, assume son héritage, va de l’avant en abandonnant une part de lui-même. « Je ne te connais pas, vieil homme », dit-il à son ancien compagnon de débauche. Tout se termine en chanson, celle de la fin de la Nuit des Rois, qui est un adieu de la troupe au public.

Que peut apporter Falstafe aux plus jeunes ? « Le sentiment de leur propre liberté », répond Lazare Herson-Macarel. « Le théâtre est un endroit où lancer l’homme, le jeter autrement, le jouer d’un trait, le renouveler d’un saut, le ressusciter d’une chute » (Valère Novarina, L’Envers de l’esprit, 2009).

Des élèves du collège Anselme Mathieu à Avignon ont réalisé avec l’aide de deux journalistes une courte WebTV à partir de leur rencontre avec l’équipe de Falstafe, juste après avoir assisté à la représentation.

Tournée de Falstafe :
- Le 29 novembre à l’Espace du Séquoia à Corné
- Du 15 au 19 décembre au Nouveau Théâtre d’Angers
- Les 7 et 8 avril 2015 au Théâtre du Luxembourg à Meaux
- Du 15 au 25 avril 2015 au Théâtre Paris – Villette<
- Les 27 et 28 avril 2015 au Théâtre Sorano – Jules Julien à Toulouse

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Jeunes critiques en Avignon

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Par Gaëlle Bebin

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Le Prince de Hombourg, mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti © Christophe Raynaud de Lage

Au Festival d’Avignon, des collégiens et des lycéens ont pour la première fois été invités à réaliser, parallèlement au dispositif annuel « Lycéens en Avignon », de brefs reportages sur quatre spectacles, menant une véritable enquête avec micros et caméras.

L’idée est de développer non seulement leur connaissance du spectacle vivant et leur regard critique grâce aux questions qu’ils posent aux équipes artistiques, mais aussi, via la vidéo, de partager leur compréhension de ce qu’ils ont découvert. Reporters en herbe, 36 jeunes d’Avignon (provenant pour certains d’entre eux du collège Anselme Mathieu et du lycée Aubanel) ont participé à l’opération pendant 5 jours avec l’aide de deux journalistes de A Way to Wake Up Productions, qui leur ont appris les bases de la réalisation et du montage. L’ensemble de leurs travaux sont en ligne sous forme de WebTV.

Ainsi, à propos de la mise en scène du Prince de Hombourg de Kleist par Giorgio Barberio Corsetti, les 3e du collège Anselme Mathieu ont interrogé techniciens et comédiens sur le défi technique que constitue la Cour d’honneur du Palais des papes, qui est aussi hantée de fantômes à travers 60 ans de théâtre…

WebTV des collégiens, dossier pédagogique Pièce (dé)montée et captation intégrale du spectacle (à visionner sur Culturebox d’ici janvier 2015) sont en ligne.

Tournée du Prince de Hombourg :

- Gémeaux, scène nationale de Sceaux : du 5 au 8 et du 10 au 14 février 2015
– Théâtre Liberté à Toulon : les 19 et 20 février 2015
- Théâtre National Populaire à Villeurbanne : du 25 au 8 mars 2015

En visitant la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, les collégiens ont également cherché à comprendre comment ce lieu originellement destiné aux moines a pu s’adapter pour accueillir des spectacles. Accès à la Web TV.

Les lycéens, eux, se sont aventurés entre autres du côté de la carrière de pierre de Boulbon pour en explorer les coulisses et interviewer l’équipe artistique japonaise avant la représentation de leur Mahabharata-Nalacharitam. Les questions portent sur cette épopée indienne et sur leur propre culture, mais aussi sur leurs magnifiques costumes blancs, proches du papier – une matière propre à représenter l’existence abstraite des personnages, éloignés de la vie quotidienne, explique le metteur en scène Satoshi Miyagi. WebTV et extraits du spectacle .

Espérons que cette belle initiative des « Jeunes critiques en Avignon » sera offerte l’année prochaine à davantage d’élèves parmi ceux qui sont accueillis par les CEMEA pendant le Festival.

 

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Une année avec Shakespeare

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Par Gaëlle Bebin

Shakespeare (DR)En 2014, on fête Shakespeare ! Pour ses 450 ans, un agenda très fourni dresse la liste des nombreux spectacles, films, colloques et lectures qui lui sont consacrés – parmi lesquels manquera la mise en scène de Comme il vous plaira sur laquelle travaillait Patrice Chéreau avant sa disparition. En voici une sélection…

 

Au théâtre

Macbeth par le Théâtre du Soleil à la Cartoucherie de Vincennes à partir du mois d’avril

Après le fameux cycle des Shakespeare dans les années 80 (La Nuit des rois, Henry IV, Richard II), le Théâtre du Soleil mené par Ariane Mnouchkine monte Macbeth dans une nouvelle traduction écrite en cours de travail sur le plateau, avec l’envie de créer un grand spectacle populaire qui conserverait le mystère de ce chef d’œuvre. La troupe travaille la pièce comme un polar, avec un danger permanent, un rythme haletant. Elle explore en même temps la jungle mentale de cet animal féroce que devient Macbeth, dont l’avidité maléfique trouble jusqu’à la nature elle-même. La vie, « a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing » ? Ariane Mnouchkine rappelle que ce sont là les mots du personnage principal, et que c’est aussi cette vision de l’existence qui entraîne les catastrophes dont il est responsable… Comme toujours, la scène sera le lieu de tous les possibles et un lien sera bien établi avec notre temps – une seconde pièce, en cours d’écriture par Hélène Cixous, viendra former un diptyque avec Macbeth vers la fin de l’année 2014.

Henry VI, mise en scène de Thomas Jolly, le 1er février au Théâtre de Cornouaille à Quimper, le 8 février au Nouveau théâtre d’Angers, au Festival d’Avignon en juillet ; tournée 2014-2015 en cours.

Henry VI est rarement jouée, et pour cause : au lieu d’être concentrée sur une partie de l’existence de ce souverain anglais du 15e siècle (comme l’est Richard II ou Richard III par exemple), cette pièce historique fait défiler presque toute sa vie, de ses 9 mois à la mort de son père Henry V, jusqu’aux dernières années de ses cinquante ans de règne. C’est l’épopée de la désagrégation d’un monde ébranlé par les combats – la première partie retrace sur un mode parfois bouffon l’affrontement des Anglais contre des Français dépenaillés (avec une Jeanne d’Arc aux cheveux bleus) lors de la guerre de Cent Ans –, mais bien plus par les terribles guerres intestines d’une famille divisée entre la branche des Lancastre, dont l’emblème est la rose rouge, et celle des York, à la rose blanche. Intéressante idée pour ne pas égarer les spectateurs, une « rhapsode » vient de temps en temps devant la scène pour résumer des épisodes et pour annoncer la suite, sur un mode déclamatoire humoristique. Le jeune metteur en scène Thomas Jolly et sa troupe ont mis toute leur énergie dans le cycle 1 (des funérailles d’Henry V au meurtre du protecteur du royaume) et préparent le cycle 2 pour le festival d’Avignon. Cette première partie est constituée de quelques belles scènes, cinématographiques (la guerre en ombres chinoises avec arrêts sur image), poétiques (lorsque Henry VI enfant fait place à l’acteur jouant le roi adulte), tragiques (la mort du soldat héroïque, Talbot, et de son fils), comiques (la scène de rencontre entre Suffolk et Marguerite, future reine), pathétiques (la honte publique infligée à la duchesse de Gloucester)…

Henry VI, mise en scène de Thomas Jolly © Nicolas Joubard

Henry VI, mise en scène de Thomas Jolly © Nicolas Joubard

En ligne

L’INA a créé le site en Scènes   pour mettre à la disposition de tous 70 ans d’histoire du spectacle vivant en vidéo. Le dossier « Mettre en scène et jouer Shakespeare » rassemble des extraits de captations de mises en scène par de grands artistes européens.

Le site Antigone-enligne, réservé aux enseignants, présente des extraits de captations d’une même œuvre par des metteurs en scène différents, ce qui permet de comparer les esthétiques et les choix d’interprétation. Hamlet y figure avec les mises en scène de Patrice Chéreau, Peter Brook et David Bobée.

Afin de faciliter les projets collaboratifs à distance avec d’autres classes en Europe, la plateforme eTwinning ouvre un espace spécial Shakespeare pour les enseignants.

Au cinéma

Beaucoup de bruit pour rien, en salles le 29 janvier

Le réalisateur Joss Whedon a adapté au cinéma Much ado about nothing en noir et blanc sans modifier le texte original, qui n’est que rarement coupé. Mais il a transposé l’action dans une villa d’aujourd’hui où les personnages se livrent en costumes contemporains à des occupations familières et festives – un petit déjeuner dans la cuisine, une soirée, une garden party… L’ensemble donne une impression de grand naturel et, en même temps, d’intemporalité. Tournée en douze jours, cette comédie dramatique a la vivacité nécessaire à l’étourdissante série de travestissements et de mensonges qui conduisent en quelques instants les personnages à l’amour, la jalousie, au déshonneur, au désespoir et au bonheur. Tous les personnages se déguisent, à l’insu de certains et avec la complicité des autres, grâce aux masques vénitiens de la fête, derrière un voile de mariée, au moyen d’une robe et même sous un masque de piscine. Les contorsions que s’infligent Beatrice et Benedick pour mieux tomber dans le piège qui leur est tendu par Hero, Claudio et Don Pedro dans le but de révéler leurs sentiments l’un pour l’autre sont jubilatoires. Tout comme le sont les scènes où Dogberry mène l’enquête en lunettes noires, gonflé de son importance et confondant les mots à chaque phrase.

Beaucoup de bruit pour rien, Joss Whedon

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Corneille monté par Brigitte Jaques-Wajeman : la mesure et l’éclat

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par Gaëlle Bebin

Cléopâtre et Ptolomée dans Pompée © Cosimo Mirco Magliocca

Cléopâtre et Ptolomée dans Pompée © Cosimo Mirco Magliocca

Après les mises en scène de Nicomède (1651) et de Suréna (1674), Brigitte Jaques-Wajeman monte cette année Pompée (1641) et Sophonisbe (1663), la suite de ce cycle de pièces de Corneille qu’elle appelle « coloniales ». Elles se déroulent cette fois en Afrique (à Alexandrie dans Pompée et à Syrte, l’actuelle ville d’Oran, dans Sophonisbe), apparemment très loin de Rome, mais Rome, figure ambivalente de l’arrogance et de la raison, ne se laisse jamais oublier à ses alliés forcés, jaloux de leur indépendance. Sophonisbe est rythmée par des revers successifs et inattendus dans une atmosphère de menace constante. Pompée s’ouvre sur un dilemme et une erreur de jugement fatale dont les conséquences se font entendre par de très beaux récits funestes. Figures historiques, Cléopâtre comme Sophonisbe se sont données la mort pour ne pas être menées en vaincues au triomphe du maître de l’Empire romain. Dans les deux pièces, les femmes défendent jusqu’au bout leur ambition et leurs valeurs avec un plus grand courage que les hommes.

Pour seul décor, un tapis et une grande table ; comme accessoires : couronne, verres, plats, nappes et pistolet… La simplicité et l’élégance de la mise en scène laissent éclater par instants la violence lorsque, soudain hors d’eux, les corps exultent ou se tordent. Pieds nus souvent, dans de très beaux costumes qui n’ont rien d’un déguisement à l’antique, les comédiens font entendre les alexandrins avec un naturel rarement atteint.

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« Germinal », et l’humour réinventa le monde et le théâtre

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Par Gaëlle Bebin

Germinal © Christophe Raynaud de Lage – Festival d’Avignon

Germinal © Christophe Raynaud de Lage – Festival d’Avignon

Conçu par Halory Goerger et Antoine Defoort, Germinal parvient, dans un espace de huit mètres sur dix et en 1 h 15, à créer à la fois un monde, un moyen de communiquer, une société et, finalement, un spectacle, à partir de presque rien mais avec beaucoup d’humour et d’intelligence. Les quatre artistes sur scène, trois garçons et une fille, venus des arts plastiques, de la danse et des sciences humaines, s’inspirent de Dada et recommencent tout à zéro. D’ailleurs, au début, seule la lumière est.

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