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Une séquence de la revue de septembre : « Madame Bovary » en Terminale L

 2015-09-14 12_43_09-NRP lettres lycée septembre 2015 n°66 - Adobe Acrobat ProMadame Bovary doit être étudiée en Tle L dans le cadre du domaine d’étude « Lire, écrire, publier » qui invite les élèves, d’après le BO, « à une compréhension plus complète du fait littéraire, en les rendant sensibles, à partir d’une oeuvre et pour contribuer à son
interprétation, à son inscription dans un ensemble de relations quiintègrent les conditions de sa production comme celles de sa réception ou de sa diffusion ».
Le programme de 2014-2015 demande explicitement d’étudier la genèse de l’oeuvre, la correspondance de Flaubert, et le procès qui lui fut intenté. Mais il est dommage de limiter l’étude de la réception de l’œuvre à la seule question, bien que centrale, de ce procès. Madame Bovary est un classique encore très lu, et il peut être profitable d’étudier les lectures qui en sont faites aujourd’hui.
De nombreux artistes ont réécrit l’œuvre : écrivains, cinéastes, auteurs de bande dessinée et même de série – les héroïnes de Desperate Housewives débattent du roman dans l’épisode 7 de la première saison. Certains se sont même essayés à l’invention d’une suite : c’est le cas de Philippe Doumenc, qui a publié en 2007 Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, roman dont le personnage principal est mandé pour enquêter sur la mort d’Emma, jugée suspecte, juste après son enterrement. Cette séquence pourrait être menée en deux ou trois heures, pour clore l’étude de Madame Bovary. Elle propose de parcourir de nouveau le roman de Flaubert, dont les enjeux s’éclaireront pour les élèves, après la lecture d’extraits du roman de Philippe Doumenc. En effet, alors que Flaubert veut écrire un livre sur rien, qui ne tient que par le style, Philippe Doumenc exploite des genres que Flaubert refuse d’imiter, comme le policier ou le fantastique. Les élèves prendront conscience que Flaubert fait disparaître le romanesque ou le tient à distance, tandis que son successeur, au contraire, cherche à rendre à Madame Bovary cette dimension, comme pour répondre aux attentes des lecteurs à la recherche d’émotions ou de sentiments que Flaubert refuse de leur offrir. La comparaison invitera également les élèves à mener eux-mêmes l’enquête, en lecteurs avertis, à propos du texte-source.

Retrouvez la séquence d’Adrien David en page 56 de la NRP lycée de septembre ou connectez-vous à votre édition numérique.

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Publié le par La rédaction NRP

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